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 C'est au pied du mur qu'on mange des merles

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lucius



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MessageSujet: La faim justifie qu'on mange les merles (extraits)   Jeu 20 Sep 2007 - 13:14

La faim justifie qu'on mange les merles (extraits)

Depuis quelque temps, l’Amie se met à ressembler à Alfred Hitchcock. Surtout de profil. J’aurais toutes les peines du monde à le lui reprocher, car j’avoue que j’ai participé à sa métamorphose. Je me surprends même à penser que, quelques mois auparavant, j’aurais détesté vivre avec Hitchcock, et aujourd’hui je lui trouve un certain charme. Du moins, je dois reconnaître que les rondeurs de l’Amie entretiennent ma confusion. Cela fait sept mois que cette mutante a choisi d’effectuer sa transformation au sein du foyer, et je me demande quand cela va s’arrêter. La nuit, les couvertures du lit se transforment en chapiteau dès qu’elle s’endort sur le dos, provoquant un courant d’air de part et d’autre de son ventre. J’aligne rhume sur rhume. Nous avons consulté le corps médical, non pour mes rhinites, mais pour en savoir plus sur ce phénomène étrange qui touche ma tendre et douce. La dame en blouse blanche, après avoir barbouillé le ventre de l’Amie de miel ou d’une substance de même texture, nous a simplement conseillé de tricoter en rose. Les médecins ont de bien étranges rituels, hérités, l’on dirait, de la culture vaudou ou du chamanisme. Dire que la sécurité sociale rembourse ce genre de pratique ! Si seulement ils savaient !
Quoi qu’il en soit, il paraît que la situation n’est pas grave. Dans deux mois, cela devrait prendre fin. J’ai quand même un doute, car je ne compte pas le nombre de charlatans que j’ai croisés depuis que je fréquente les hôpitaux. Ce qui m’inquiète le plus, c’est cette activité anormale dans le ventre de l’Amie. Il suffit que j’y pose mes paumes pour provoquer une réaction agressive de l’intérieur. Ça me fait peur. J’ai revu Alien récemment, et je ne suis pas loin de cauchemarder, certaines nuits. Hier matin, j’ai concocté un questionnaire à l’attention de ma tendre partenaire :
As-tu posé le pied, ces derniers mois, sur une planète inconnue ?
T’es-tu approchée d’un œuf marron et gros comme celui d’une autruche ?
As-tu déjà joué dans un film de Ridley Scott ?

J’hésite à le lui soumettre. J’ai trop peur de la vexer, mais il faut que je sache ! Je vais attendre le bon moment, peut-être lorsqu’elle sera dans un demi-sommeil.
En attendant, le devoir m’appelle. Le devoir s’appelle UMD, ou unité pour malades difficiles. En clair, tous les patients de psychiatrie qui se plaignent que la bouffe est mauvaise finissent leurs jours dans le service où je travaille. Je soigne également de charmantes personnes qui ont eu la malencontreuse idée de trucider un proche : un père, une mère, voire les deux, ou bien un chien, un commerçant. Monsieur le boucher, votre rôti n’était pas tendre ! Et Pan ! Quelquefois l’acte est plus insignifiant. Évitez, si vous êtes soigné en psychiatrie, de renverser la moto du médecin-chef. Il vaut mieux frapper une infirmière. À titre indicatif, voici l’échelle des sanctions en psychiatrie adulte :
1- Insulte envers le personnel paramédical : simple remontrance du type : « Tss…C’est pas bien ! »
2- Menace sur le personnel paramédical : remontrance plus appuyée : « Tss tss…C’est vraiment pas sympa ! »
3- Coups et blessures sur personnel paramédical : grosse remontrance suivie d’une injection pour vous apaiser. Cela ne mange pas de pain, et surtout, cela permet d’enrichir l’industrie pharmaceutique, et indirectement, le médecin-chef qui reçoit des cadeaux de la part des laboratoires.
4- Mouvement d’humeur sur la moto du médecin-chef : vous allez tout droit en UMD, sans passer par la case départ, pour une durée minimale de six mois renouvelable par tacite reconduction, sauf avis circonstancié d’une commission composée de médecins-chefs.

L’UMD est ce grand bâtiment qui se dresse devant vous. Détrompez-vous, ce n’est pas une prison. Les barbelés, au-dessus du mur d’enceinte, ne sont là que pour rassurer les patients, qui savent, de ce fait, qu’ils ne peuvent être dangereux qu’à l’intérieur de l’unité.
Les deux personnes, à l’intérieur du sas, qui ne répondent pas quand on leur dit bonjour, sont le surveillant et le portier. Longtemps, je me suis demandé s’ils partageaient ma langue maternelle. En fait, ils sont bilingues. Après avoir été colonisés tour à tour par : Jules César, Charlemagne, Louis XIV, Napoléon, Bismarck, Raymond Poincaré, le gentil Adolf et le général De Gaulle , ils ont fini par ne plus savoir à qui leur terre appartenait, et, depuis, entretiennent une méfiance de tous les instants envers toute personne nouvellement installée dans la région. Ce qui est mon cas. J’en ai pris mon parti, et ai renoncé à ce qu’on me salue à chacun de mes passages.
Le sas est le lieu où sont entreposées les clefs de chaque soignant. La plus imposante est une énorme clef de fer qui ouvre la plupart des portes métalliques, munies de verres incassables. Incassables, sauf quand le patient se nomme Abdel. Avec Abdel, le verre se fait la belle.
Abdel est la personne la plus sympathique que je connaisse. Son passe-temps favori consiste à écrire à sa famille, pour demander des nouvelles, et accessoirement réclamer un radiocassette de marque AIWA.
Le type en blouse blanche, les cheveux blancs et l’air ahuri s’appelle Spritz. C’est mon chef. Tout le monde n’ayant pas la capacité de suivre l’école des cadres, c’est tout naturellement par l’ancienneté qu’il est devenu surveillant. Aussi, il ne faut pas lui demander l’impossible. Quand le carrelage a vu passer la serpillière, et quand le planning mensuel est équilibré, Spritz peut dormir tranquille, et toute l’équipe également. Spritz n’est pas méchant, mais un ahuri est toujours imprévisible, surtout lorsqu’on lui confie une responsabilité. Un conseil : si vous avez une bonne idée pour faire évoluer le service, confiez-la à Spritz, il saura trouver le placard où votre idée révolutionnaire pourra mûrir tel un bon vin de garde. Lorsqu’il sera parti à la retraite, il sera temps de la sortir et de la dépoussiérer.
À côté de Spritz, vous trouverez Adolf. C’est le petit brun moustachu. Adolf est le poisson-pilote de Spritz, sauf quand Spritz est absent. Alors Adolf devient d’office chef par intérim. Il notera tous les évènements de la journée pour son rapport au chef, dès le retour de celui-ci.
Le dernier collègue présent, ce jour, est Norbert. Norbert est capable de perdre trente kilos en une semaine, à raison de quinze kilomètres à pied tous les jours, une salade à midi, une soupe le soir. Il est capable également de prendre trente kilos la semaine suivante, à raison de six croissants le matin, un litre de crème glacée Movenpick à seize heures, et deux repas par jour qui suffiraient à nourrir la ville de Mogadiscio en cas de famine. Quand il ne mange pas, Norbert produit des œuvres d’art, si d’aventure vous lui confiez trois planches et un pot de vernis.
Tout ce petit monde est déjà en place et parlemente avec l’équipe du matin, lorsque je fais irruption à treize heures dans le bureau infirmier. La relève est une véritable épreuve pour moi, car les transmissions s’effectuent moitié en français, moitié en patois local.
Je m’informe des nouvelles de la matinée.
— All ist calme, ach so (traduction : nous ne déplorons aucun incident en provenance de la salle commune, aussi nous pouvons vous laisser les clefs de la maison, le cœur léger).
— Abdel a écrit une lettre à ses parents pour prendre de leurs nouvelles. Il en a profité pour réclamer un radiocassette de marque AIWA.
— On devrait lui conseiller de réclamer une autre marque. Je suis sûr que ses parents ont du mal à trouver celle-ci, cela explique qu’ils ne lui envoient rien.
— Ach, ne lui donne pas de mauvaises idées, s’écrie Spritz. Laisse-le écrire ce qu’il a envie.
— Sinon, Jauni n’a pas arrêté de nous harzeler. Ach, nixt gutt !
Jauni est un pilier du service. Trente ans passés à fumer des gitanes maïs, ça laisse des traces jaunes sur les doigts, les dents et sur sa peau parcheminée. Et comme il court après toute l’équipe en clamant : « J’ai une idée ! Ecoute, j’ai une idée ! », tout le monde a fini par lui coller le sobriquet de Jauni à l’idée.

L’après-midi s’est déroulé sans encombre. J’ai participé à six parties de belote, et emmagasiné dans mes poumons, par la même occasion, 600 mg de nicotine accompagnés de 250 mg de goudron. Ce soir, il me faudra jeter tous mes vêtements dans la panière à linge sale et me récurer des pieds à la tête. Ah ! Oui, j’oubliais : Abdel a essayé de me fracasser la calebasse à coups de chaise. Il avait oublié deux détails. J’avais aussi une chaise, sur laquelle je posais mes fesses pendant la partie de belote. De plus, je ne me laisse pas impressionner par une chaise qui tournoie au-dessus de moi. Abdel a eu droit à son baptême de l’air, d’une durée de deux secondes et demie, suivi d’un atterrissage un peu brutal et d’un séjour en chambre d’isolement pour le reste de la journée. À part cela, Abdel est très sympathique.
De retour à la maison, je me jette sur le mètre-ruban et constate avec effroi que le ventre de l’Amie a gagné un centimètre. Sa peau résonne des coups redoublés de ses occupants. Car je ne doute pas qu’ils sont plusieurs à croître à l’intérieur. J’hésite à faire appel à l’équipe de dératisation du département. Étrangement, l'Amie semble sereine et vit cette mutation avec insouciance. Elle est peut-être dans leur camp, et s’est servie de moi pour coloniser la planète. Après tout, peut-être ces êtres en devenir représentent-ils une race supérieure dont nous avons tout à attendre.
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MessageSujet: la faim justifie qu'on mange des merles. Chapitre 5   Jeu 20 Sep 2007 - 13:19

le chapitre 5 raconte mon passage dans Vol de nuit, animé par PPDA en personne...
pure fiction, bien entendu...






Chapitre 5

L’assistante de Barbara Fitoussa est une véritable abeille, volant d’un invité à l’autre pour régler les derniers détails. Elle est déjà passée me briefer à trois reprises, et la voilà de nouveau pour les ultimes recommandations.
— Monsieur von Lucius… Je peux vous appeler Lucius ? L’enregistrement commence dans dix minutes. Vous ne voulez vraiment pas que je vous débarrasse de ce que vous avez sur le dos ? Vraiment pas ? Bon, je n’insiste pas. Rappelez-vous, soyez décontracté, Patrick n’est pas là pour vous piéger, mais au contraire pour mettre votre roman en valeur. Vous pourrez parler librement. Juste une chose : évitez, bien entendu, les plaisanteries sur les condiments.
— Je vous demande pardon ?
— Vous m’avez très bien compris. Je vous laisse terminer votre maquillage. Si je puis me permettre, Sophie, tu as un peu trop forcé sur le rouge à lèvres et le mascara. N’oublie pas que Monsieur von Lucius est un homme. Excusez-là, Lucius, elle vient d’arriver dans notre équipe. Auparavant, elle travaillait dans une agence de mannequins.
— Y a pas de mal, euh…
— Virginie.
— Je me disais aussi que vous aviez un petit air de la petite Ledoyen.
— Oui, on me l’a déjà dit, mais je n’ai pas de lien de parenté avec elle. Bon, je vous laisse. Vous verrez, les autres invités sont très sympathiques. Vous êtes sûr de vouloir garder ça sur le dos ?
— Absolument.
— Bon, comme vous voudrez. Si vous changez d’avis, je peux vous en débarrasser.
— Merci, Virginie.

— Mesdames et Messieurs, bienvenue dans ce nouveau numéro de vol de nuit. Au sommaire de ce soir, Fred Vargas pour son nouveau polar : « Pars vite et rapporte-moi un pack de Kronenbourg », dans lequel nous retrouvons le fameux commissaire Adamsberg. Je m’entretiendrai ensuite avec Amélie Nothomb au sujet de son roman intitulé « Vibreur et tremblement », où il est question de téléphone portable et autres gadgets modernes. Mais auparavant, j’ai le plaisir d’accueillir Lucius von Lucius, auteur d’un premier roman, au titre à rallonge : « Les liaisons presque dangereuses, ou comment soigner l’hypertrichose d’un animal de compagnie ». Comme si ce n’était pas suffisant, la couverture nous apprend en outre que ce roman est vélobiographique. Lucius von Lucius, bonsoir.
— Bonsoir.
— Avant toute chose, pouvez-vous me dire ce que vous avez dans le dos ?
— Un parachute, pourquoi ?
— Quelle drôle d’idée ! Pensez-vous qu’un parachute soit indispensable pour vol de nuit ?
— J’ai juste pris mes précautions, voyez-vous.
— Souvenirs du service militaire ? Bon, je comprends. Si vous souhaitez, au cours de l’émission, vous en débarrasser… Revenons, si vous voulez, à votre roman. Pouvez-vous nous dire deux mots sur le choix du titre ?
— Oui.
— …
— …
— Je vous écoute…
— Oh, pardon. Le choix du titre s’est imposé à moi, de façon naturelle. À la suite d’un pari manqué avec mon amie Bernie…
— Qui est Bernie ?
— C’est une célèbre photographe de la région Rhônes-Alpes. Bref, ayant perdu mon pari, j’ai dû escalader la face nord du kilimandjaro, en tongs et string panthère. J’étais épaulé par deux sherpas pas chers, et en arrivant au sommet, je me suis écrié : « Tout ça ne vaut pas l’hypertrichose d’un animal de compagnie » !
— Le souvenir de Barbara s’était imposé à vous ?
— Pas du tout, mais peut-être était-ce une pensée subliminale.
— Cependant, l’allusion à l’hypertrichose n’apparaît que dans le sous-titre…
— Oui, à l’origine, c’était le titre. Mais parmi les quarante premières personnes qui ont lu le manuscrit, vingt-cinq n’ont pas compris ce titre, quatorze n’ont pas osé me demander, et une de mes amies a échafaudé une quantité impressionnante d’hypothèses toutes plus alambiquées les unes que les autres, sur une prétendue pilosité de l’auteur. Ce qui est parfaitement ridicule, vous en conviendrez.
— Si ce n’est pas indiscret, quelle est la nature de ce fameux pari que vous avez perdu ?
— J’avais parié avec Bernie que je serai le premier à apparaître en string en couverture de Paris Match. Par malchance, elle m’a coiffé sur le poteau…
— Je croyais qu’elle était photographe ?
— C’est juste une expression, pour dire qu’elle m’a pris de vitesse. Elle a profité de la venue du premier ministre au salon de l’érotisme de Lyon pour s’afficher en arrière-plan.
— Je me rappelle ! Cette couverture a fait le tour de France, il y a un peu plus d’un an. Mais pourquoi le choix du gage s’est-il porté sur le Kilimandjaro, plutôt que l’Anapurna, par exemple ?
— Ne m’en parlez pas ! J’ai connu une Italienne qui s’appelait Anna Purna, et je n’ai jamais pu la gr…
— Oui, d’accord ! Mais justement, le choix de l’Anapurna aurait pu être pour vous une revanche sur une expérience malheureuse.
— Votre remarque ne manque pas de sel… Euh, je veux dire, de pim… Enfin, vous touchez du doigt un aspect de la situation que je n’avais pas mentalisé. Je vous promets d’y réfléchir.
— Cette amie Bernie n’apparaît pas dans votre roman. Pourtant, toutes les personnes de votre entourage semblent s’y croiser.
— Bernie et moi avons beaucoup de choses en cumin… Je veux dire, en commun : la photo de charme, les strings panthère, et j’en passe. Je ne voulais pas la réduire à un simple personnage qui aurait effectué un aller-retour dans mon roman, aussi, j’ai décidé de lui réserver une place de choix dans le suivant.
— Car vous écrivez une suite ?
— Une trilogie, dirai-je. Je suis en pleine écriture d’ « Hypertrichose 2, la revanche », et je projette de poursuivre avec « Hypertrichose 3, l’oreille du tigre ».
— Très bien, mais nous n’avons pas encore abordé le sujet de ce premier roman. On y fait la connaissance de Lucius, le narrateur, qui vous ressemble étrangement, non ?
— Absolument pas. Si on excepte le fait qu’il porte mon prénom, qu’il est photographe, marié à l'Amie et père de deux Mectons, qu’en outre il a un caractère sensiblement semblable au mien, je ne vois pas où se trouve la ressemblance. Tout cela n’est que fiction.
— Justement, parlons de votre nom. Vous signez sous un pseudonyme ?
— Bien sûr ! Avec ce que j’ai écrit sur al Qaida et sur la chanson d’Élodie Frigo, j’ai intérêt à ne pas faire de vagues.
— Mais pourquoi avoir choisi ce pseudonyme en particulier ?
— Eh bien, je voulais rendre hommage à Jérôme K. Jérome pour son fameux Trois hommes dans un bateau. Mais je n’oublie pas, non plus, Boutros Boutros-Ghali et Yéwéné Yéwéné qui m’ont également inspiré.
— Pour en revenir à Lucius, le narrateur, il semble submergé par les emmerdeurs de tous poils, en particulier des marchands de tapis des temps modernes.
— Oui, et j’ai lancé une vaste campagne de résistance, consistant à donner les réponses les plus farfelues à tous ces démarcheurs. J’invite mes lecteurs à faire de même. C’est, à mon humble avis, la meilleure façon d’enrayer le phénomène.
— Et alors Lucius, nonobstant ces vagues d’assaut, l’obligation d’assumer deux métiers concomitants, et une vie de famille décoiffante, va, sur un coup de tête, se lancer à la recherche de Barbara.
— Exactement, et je vous interdis de dévoiler la suite, sinon je vous colle mon avocat aux fesses !
— Pas la peine de vous fâcher. Avez-vous d’autres projets, une fois cette trilogie terminée ?
— Parfaitement, je compte publier un recueil de pensées…
— Un herbier, autrement dit…
— Mais non, ce sera un ouvrage dans lequel j’aurai rassemblé toutes les réflexions qui me sont venues à l’esprit depuis ma naissance.
— Comme, par exemple ?
— Je ne sais pas, moi … Euh… Par exemple : L’été sera indien ou ne sera pas.
— C’est très profond.
— Je ne vous le fais pas dire. Ensuite, je publierai une étude sociologique sur l’influence du bœuf Strogonoff dans la révolution d’octobre. Et enfin, je compte rendre justice, dans une ultime publication, à tous les inventeurs tombés dans l’oubli, et dont les œuvres jalonnent néanmoins notre route.
— Oh… Avez-vous un ou deux noms à nous citer ce soir ?
— Oui, par exemple, Robert Sleigh qui a inventé un système de locomotion révolutionnaire pour les régions enneigées.
— Vous voulez parler du bobsleigh, je suppose ?
— Oui, c’est cela. En remontant l’histoire un peu plus, nos trouvons William Boquet, savant britannique du seizième siècle qui mit au point un jeu d’adresse qui allait connaître un succès foudroyant à la cour du roi de France, Henri III. Je compte bien redonner à tous ces personnages leurs lettres de noblesse.
— Merci, Lucius. Je précise à l’intention des téléspectateurs, que vous organisez une journée de dédicace, euh… Je cherche ma fiche…
— Jeudi prochain, dans la célèbre municipalité africaine de Seine-et-Marne : Ponto Combo, plus précisément à la boucherie-charcuterie Delbœuf, rue de l’égorgeoir.
— Pour conclure, avez-vous un rêve d’écrivain ?
— Oui, mon rêve serait de pouvoir discuter à brûle-pourpoint avec Alain Robbe-Grillet.

— Ça s’est bien passé, n’est-ce pas ?, me susurre Virginie, tandis que la maquilleuse s’acharne à me retirer une énorme couche de rouge à lèvre.
— Oui, très bien, répliqué-je, mais je ne comprends pas pourquoi PPDA m’a giflé à la fin de l’émission.
— Je vous avais prévenu ! Pas de blague sur les condiments.
— Mais je n’ai pas fait exprès ! Et puis, il aurait pu attendre la fin du générique. Je vais avoir l’air de quoi, devant ma famille et mes lecteurs ?
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MessageSujet: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Dim 31 Aoû 2008 - 5:58

Salut à tous...
J'ai vainement cherché une rubrique "vos oeuvres prochainement éditées", aussi je crée un post ici.

Mon 2e roman est depuis une semaine entre les mains du comité de lecture de mon éditeur. Je ne veux pas crier victoire trop tôt, mais je suis confiant.
D'où ce post....

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C'est au pied du mur qu'on mange des merles

Mon roman : Les liaisons presque dangereuses, est disponible.
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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Dim 31 Aoû 2008 - 9:16

Je croise tous les doigts pour ton succès ! pom pom

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"Le clin d'oeil des statues" vous attend.
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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Dim 31 Aoû 2008 - 10:50

Par quelle voie es-tu passé, pour ce deuxième roman ? (dont je sais à l'avance qu'il sera bon, vu les capacités du sieur). Dès que tu pourras, c'est-à-dire dès qu'il sera édité, tu connais le chemin pour ouvrir un fil info complet. Nous attendons patiemment. Wink

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Dim 31 Aoû 2008 - 11:31

la même voie, j'ai un contrat avec mon éditeur pour 5 romans.
Merci pour vos encouragements, je pense que j'aurai la réponse assez vite.

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Dim 31 Aoû 2008 - 11:49

Tiens-nous au courant (pendant que j'empile les refus pour le mien Gaga )

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Dim 31 Aoû 2008 - 11:52

A qui as-tu envoyé?

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 10:00

Des nouvelles ?

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 10:12

Non, pas encore, mais j'ai eu un contact avec l'éditeur, à propos d'une amie qui avait envoyé son manuscrit également.
Visiblement, il est surchargé de manuscrits, et devient de plus en plus sévère dans son tri, à tel point que de nombreux manuscrits ne passent même plus en comité de lecture, d'autant plus que le concours Femme Actuelle a mobilisé de l'énergie, et a dû créer un engorgement en amont.

Je suis un peu privilégié dans la mesure où je fais partie de la maison, ce qui signifie que mon roman passera obligatoirement en comité de lecture, mais rien ne dit qu'il sera accepté.
Si jamais il est refusé, j'ai l'intention de le proposer aux éditions du léopard masqué, et en cas de refus, je passerai par l'auto-édition.

la suite... au prochain épisode

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 10:16

Bref, la routine, quoi.
Ce que tu décris est certainement identique à toutes les boîtes d'édition. Je veux dire "les vraies".

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 10:30

tout à fait, Thierry...

Ce qui est dommage, c'est que cet éditeur perd sa spécificité (le comité de lecture "citoyen") et devient un éditeur classique.

En revanche, cette exigence renforcée devrait lui assurer une reconnaissance accrue dans le milieu.
Et à terme, ça serait génial s'il décidait (en ayant les moyens) de distribuer ses livres en librairie, à la manière des grands éditeurs. C'est encore un peu tôt, mais le succès du concours Femme Actuelle pourrait changer la donne.

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 10:42

La lenteur n'est stressante que pour l'auteur, mais elle me semble signe de conscience professionnelle, même si je sais que le monde de l'édition penche sérieusement vers des intérêts pas forcément littéraires, tout en veillant à ce que son image de marque soit préservée, d'où comité de lecture et tri sévère.

Nous avons ouvert un fil dans "questions d'écriture", sur les manuscrits lorsqu'ils arrivent à leurs correcteurs, avant d'être envoyés aux maisons d'édition. Cette étape est cruciale, autant que les autres, il ne faut rien négliger. Il suffit de peu, parfois, pour qu'il soit refoulé par les comités de lecture, tout dépend certainement du profil de la boîte.

En tout cas, j'espère que le tien passera. Tu fais partie de ceux qui sont très aboutis.

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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 10:47

Qui as-tu traité d'abruti?

Ah non, c'est abouti. J'avais mal lu.

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C'est au pied du mur qu'on mange des merles

Mon roman : Les liaisons presque dangereuses, est disponible.
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MessageSujet: Re: C'est au pied du mur qu'on mange des merles   Ven 12 Sep 2008 - 11:21

Le léopard masqué, j'avais noté leur adresse quand j'hésitais encore à envoyer les manuscrits, mais je n'étais pas sûr qu'ils soient distribués en librairies.
De toutes façon, comme tu fais déjà tout (correction, photos, promo...), l'autoédition ne serait pas plus compliquée. Wink

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C'est au pied du mur qu'on mange des merles

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