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Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle

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lucius




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 11:56

Citation:
Bon alors, la suiteuuu !


L'inspecteur retint in extremis Le commissaire Boyaux par la manche.
— Vous avez vu, commissaire? une inscription en lettres de sang, juste à côté du bac à sable.
— Vous avez raison, inspecteur, à moins que ce ne soit de la sauce tomate. Marthe, faites analyser l'écriture.
— Bizarre, comme inscription, reprit l'inspecteur: Omar m'a jeter dans le bac à sable.
— Jetez un oeil dans l'aquarium! Ce homard ne nous échappera pas, hurla Nestor.
— Commissaire, c'est peut-être un simple prénom, vous savez.
— Ne négligeons aucune piste, inspecteur.
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Romane
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 11:58

mdr mdr

Donc si je comprends bien, la poule est une bestiole très cérébrale.
Je comprends pourquoi on m'appelle "ma poule".
Donc tu es une poule mâle. (ne pas confondre avec pullmoll et d'ailleurs... nan, j'ai rien dit.)
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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lucius




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:02

—bon sang, c'est la gadoue, et on va se mettre plein de serpentins dans la coquille, comme dirait Philippe Buvard.
— inspecteur, il vous manque deux mots-clef: rectangle et olé.
— Je propose qu'on donne une bonne correction à la mère Romane pour entrave à la justice. l'enquête est suffisamment coriace comme ça.
— Faites, faites, inspecteur, vous avez carte blanche.
— Vous n'auriez pas pu dire rectangle blanc? ça m'aurait rendu service.
— Ne cédons pas à la facilité, inspecteur. vous valez mieux que ça.
— Olé!
— qu'est-ce que je viens de dire?
— Oh, pardon, commissaire, ça m'a échappé.
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Romane
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:05

Donne un rôle au Père Lustucius, stp.
CONTINUE !!
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lucius




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:07

dis donc, Romane, j'ai un roman à écrire, moi!

j'ai pas le temps pour ces enfantillages!
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lucius




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:09

bon, je craque...
pour te faire patienter, voici le début de mon 3e roman : ce salopart de Nestor Boyaux


Chapitre 1


Ma cellule offre tout le confort qu’un homme comme moi peut désirer.
Ma literie est du dernier cri, comme celui que je pousse lorsque je dérange, chaque soir, mon élevage de cancrelats en tentant de me frayer une place. Ces petits animaux sont doux et attachants. Je les sens en mal d’affection, mais après le traditionnel câlin vespéral, je dois bien veiller à ce qu’ils aillent se coucher de leur côté. Je les ôte de ma peau, un à un, délicatement pour ne pas les blesser, et les dépose sur le sol, près de la plinthe où une petite cavité leur sert de havre de pet. Il est vrai que ça ne sent pas très bon dans leur chaumière, à chaque fois que j’y fourre mon nez.

Une fois tout ce petit monde expédié, je peux m’entortiller dans ma couverture en poils de mouton, que j’ai moi-même tissée (la couverture, pas le mouton) au cours de ma première semaine de séjour. C’est une tradition, chaque nouvel arrivant doit tisser sa couvrante, sachant qu’il n’aura d’autre accessoire pour orner son plumard. Ayant choisi d’intégrer ce lieu de repos et de méditation à la date du quatorze janvier, j’ai mis du foie à l’ouvrage pour l’achever dans les meilleurs délais.

Mon matelas n’a ni lattes ni ressorts, offrant ainsi l’avantage de ne pas dépendre du service après vente de Darty. Entièrement fourré de poils de moutons, il ne subit en effet jamais de défaillance, si ce n’est une petite éventration de temps en temps, que je répare avec une simple aiguille en os de mouton, que j’emprunte à la buanderie. Le buandier est d’ailleurs très compréhensif et ne rechigne pas à me fournir deux ou trois accessoires à l’occasion : bobine de fil en poil de mouton, serpillière en peau de mouton lorsque je souhaite redonner à ma cellule son éclat d’origine, graisse de mouton pour nourrir mon cuir chevelu.
À deux pas de mon lit, je dispose d’un lavabo multifonction, à savoir : lavabo, douche, crachoir, urinoir, bain de pieds. Le système de canalisation ultramoderne assure tout au long de l’année une température constante de l’eau, autour de treize degrés celsius.

Si je bifurque vers la droite, je peux contempler la dernière création de Jacob Delafon. Merveille de la technologie, ce cabinet de toilette est le résultat époustouflant d’une recherche ascétique. L’objet est minimaliste à souhait, la faïence a disparu pour ne laisser qu’un trou à même le sol. Finie la corvée de nettoyage, oublié le tartre qui se dépose sur l’émail, et en même temps cet accessoire indispensable permet, joignant l’utile à l’agréable, de s’entraîner à la visée en aveugle.
Mon passe-temps quotidien consiste à faire les cent pas dans ma cellule, dans le sens de la longueur, soit environ trente-trois allers et retours. Et si d’aventure mon espace me paraissait soudain trop exigu, il me suffit de me joindre à mes petits camarades lors de la promenade collective, à arpenter la cour intérieure dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.

Pour céder à la tradition, j’ai commencé, tout au début de mon séjour, par tailler des petits bâtons dans le salpêtre de mes murs, à raison d’un par journée écoulée, puis un élan créatif m’a amené à diversifier mon activité. Ainsi, les peintures rupestres se sont succédées, scènes de chasse au bison réalisées au moyen d’un mélange de sang humain, de poussière et de poudre de cancrelat dont j’avais broyé la carapace. Un pinceau de fortune entièrement façonné à partir de poils de mouton tirés de ma couverture, me sert pour les détails fins. Je garde espoir que dans cinq mille ans, les visiteurs s’imagineront découvrir l’antre d’un vrai guerrier.
Tandis que mes œuvres rupestres sèchent, mon regard se perd au travers de la fenêtre. Un angle unique me régale de la vue du troupeau de moutons dirigé de main de maître par Dédé la Bricole, le roi du braquage au fer à souder qui poursuit sa reconversion dans une cellule jouxtant la mienne. Je trouve le repos dans ce spectacle bêlant, puis je me retourne vers la pile de vieux papiers récupérés dans la poubelle collective, que j’ai défroissés en dormant dessus à longueur de nuit. Je n’ai plus qu’à m’asseoir et à écrire. Je retrouve un peu de repos, enfin.
Chaque mois, le père Kevin m’honore d’une petite visite, en souvenir d’une période, où, officiant au sein de la magnifique église Saint-Ayoul de Provins, il s’était couronné de succès en pratiquant sur moi un exorcisme pour le moins original. Quelques années ont filé, mais le père Kevin affiche toujours sa petite bouille d’adolescent attardé.

—Eh, salut, Lucius, mon fils, c’est pas trop la zone, dans ton cabanon ?
Ce que j’aime, chez ce brave ecclésiastique, c’est son parler vrai, hérité d’une enfance à la Courneuve, et qui est resté emblématique de la proximité qu’il entretient avec ses ouailles.
—Bonjour mon père. La paix de mon âme vous préoccupe toujours autant, à ce que je vois. Vous m’en voyez heureux.
— Ouah, l’autre ! Tu parles toujours comme dans tes quinbous ! Trop fort, l’artiste ! Tope-la, brother !
Il me gratifie ainsi d’un salut banlieusard dont le protocole, mettant en œuvre le contact des poings, coudes, genoux et épaules, exige au moins dix années d’apprentissage sur le terrain. Une poignée de mains et un signe de croix auraient fait l’affaire, mais le père Kevin entend bien renvoyer les rites séculaires de l’église pour un bon nettoyage à sec.
— Mon père, lui dis-je après deux minutes trente d’accolade, j’ai un petit cadeau pour vous.
D’un geste auguste , j’extirpe un petit paquet de sous ma paillasse.
— C’est pas grand chose, juste un pull en poils de mouton, que j’ai tricoté pour vous.
— Trop fort ! Merci, Brother ! Mais tu sais que le poil de mouton, on appelle ça de la laine ?
— Bon sang, je me disais bien que ça y ressemblait !
— T’as encore besoin de repos, mec. Et si tu me racontais ta vie, maintenant ? Pourquoi t’as buté Nestor Boyaux ?
Mon soupir est si puissant qu’il m’assied sur ma paillasse.
— Mon père, combien de fois faudra-t-il vous l’expliquer ?
— Ben explique encore, j’ai pas bien pigé.
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:10

En serrant un peu tout ça sur ton bureau, tu peux tenter deux à la fois.
L'humour te sied, me scie !

Et puis dis donc, je ne t'ai pas mis le couteau sous la gorge ! C'est prévu au chapître 29. Pas avant.
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Romane
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:13

T'es jeté, Lucius, mais ça me fait rire ! Alors je retiens le mot qui tue, le truc qui déclenche mon hilarité : buandier ! mdr mdr mdr
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lucius




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:14

j'ai longtemps cherché à savoir qui travaillait dans une buanderie.
maintenant, je sais
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Jeu 21 Fév 2008 - 12:17

Chapitre 2


Il était midi pétante quand je poussai la porte du Fouquet’s. J’avais marché dans trois flaques d’eau et glissé sur deux merdes de chiens, bien que ce fut sur la plus belle avenue du monde, aussi je pris mon temps pour souiller à loisir le paillasson imitation poils de chameau de la célèbre brasserie chère à notre président. Nestor engageait déjà le combat face à un homard dissimulé dans une poignée de ravioles.
— Salut Nestor, fis-je en m’asseyant, tandis qu’il essayait de piquer une raviole d’un coup de fourchette vaguement agressif. A la table voisine, Jean-Pierre Jeunet et sa femme s’empiffraient d’un dessert nappé de chocolat. Leur fils délaissait le sien, préférant conciliabuler de vive voix avec un garçon de son âge. Je désignai discrètement ce dernier.
— Tu le connais, ce petit gars ?
— Ouais, c’est Rico, le fils de Thierry Rey.
— Le judoka ?
— Exact.
— Je ne savais pas que Rico Rey était l’ami du petit des Jeunet.
— Tu t’es fait embaucher à Paris Match ? Ou alors tu es devenu paparazzo ?
— Ni l’un ni l’autre.
— Alors on s’en fout, non ?
— Tu as raison, repris-je en direction de Nestor. Raconte-moi, ça fait des mois qu’on ne s’est pas vus.
— Mutation, éructa-t-il, en épongeant la sauce de ses ravioles, alors que je commandais au loufiat une salade aux truffes. Brigade criminelle. Dans la cour des grands.
— Ça va te changer de ton magasin de pneus.
— Ouais, tu l’as dit, Bouffi ! Cinq ans de droit pour vendre du caoutchouc, ça commençait à bien faire.
— Tu aurais pu te faire embaucher chez Durex…
Il me cracha subitement une raviole entre les deux yeux, avant d’obstruer sa cavité buccale au moyen d’une serviette dont la superficie semblait rivaliser avec celle d’un drap king size.
— Lucius, petit Gauguin ! Toujours le mot pour rire… Mais bon, je ne suis pas passé directement des pneus à la crim’. Ça fait quand même une dizaine d’années que je protège mes concitoyens.
— Ouais, je sais, pour donner de tes nouvelles, t’es pas fortiche. Tu t’es quand même souvenu de mon adresse, en arrivant dans le secteur.
— Même pas ! j’ai appelé ton éditeur. J’ai eu toutes les peines du monde à lui expliquer que j’étais un des personnages principaux de ton premier roman.
— Sacré Nestor ! Tu n’as jamais tout à fait quitté ta planète natale.
— Ouais, petit chenapan ! Tu sais comment mes collègues m’ont appelé, quand je leur ai fait lire le bouquin ? E.T.
— Ça te va bien.
— Et toi, Lucius, quoi de neuf ?
— Un peu en panne sèche. Le succès de mes deux romans m’a un peu déstabilisé. Les passants m’arrêtent dans la rue en me prenant pour Amélie Nothomb. Tu trouves que je lui ressemble ?
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Lun 25 Fév 2008 - 20:45

coup de théatre ce soir

la journaliste de Copains d'Avant m'a téléphoné. Il paraît que RTL va avoir un besoin urgent de mon témoignage sur le thème des retrouvailles (le thème de mes liaisons presque dangereuses), et donc je vais être d'ici peu invité à l'antenne pour en parler.
bon, tant que je n'y suis pas, je n'y crois pas
mais je vous tiens au courant...
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Lun 25 Fév 2008 - 21:01

RadioTrèsLucius, on y croit.
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sindbadboy




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Mar 26 Fév 2008 - 8:59

C'est excellent. Smile
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lucius




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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Mer 27 Fév 2008 - 20:45

l'interview a eu lieu de matin et sera diffusée sur RTL demain matin, lors d'un journal (10h? 11h? etc...)
je ne sais pas du tout ce qui en restera, j'ai parlé pendant 20 mn, et on ne devrait en garder que 30 secondes environ.
de toute façon, j'aurai un mp3 que je pourrai diffuser
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MessageSujet: Re: Les liaisons presque dangereuses - Luc Doyelle   Mer 27 Fév 2008 - 20:45

je voulais dire : ce matin
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