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filo : Eloge de la limite

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Romane
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Jeu 5 Avr 2007 - 23:54

Tu ne pouvais pas le résumer davantage...
C'est exactement ça...
ah j'aime !
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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filo




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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 3:09

Apogée-hurloir

L'intrusion d'un ciel retors
au poids d'incontinences
lacrymales et impudiques

interdit les soubresauts extrudés
de ma bouche
mangeant ma bouche

le cou cambré
la nuque calée
sur le passé agonisant

sur les soutes de lambeaux amoncelés
amarrées à ma schyzo-panoplie
désamarrées de ma torpeur d'insouciance

je chie mon désespoir
esquive les gouttes d'acide
et m'ampute de ma nuit noire

ô ma nuit d'orgueil
mon puits de peines éperdues
mon chaos rampant aux minutes creuses

son cri t'a dissolue, équarrie
je franchis enfin ton horizon
lame effilée, limite du chaos

mes jambes enjambent
mon entrejambe entrejambe
mes bras brassent

mon torse se tord
mes dents Dante
et mon âme, Madame,

te hurle l'amour libéré!
_________________
Les fêlés sont précieux car ils laissent passer la lumière

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filo




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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 3:11

Doute

Vous inventez un poids aux silences
là où j'en savourais la légèreté
vous déclinez la sereine intégrité
en méfiance

L'aube justifie votre dérobade
mes journées s'accoutument au doute
élèvent sur ma félicité en déroute
une façade

D'où vous vient cette étrange torpeur
le soir à l'heure sans tricherie
lorsque je demande où vos pensées s'enfuient?
j'ai peur
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 3:14

Sur l'art ou l'esprit
quelle que soit ta question
le vide y répond

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filo




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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 3:16

Courant d'errance

Les rivières d'espérance
coulent sous les ponts de soucis
emportent tous les possibles
et finissent asséchées

combien de sacrifiés
auront pu se jeter
dans les remous sombres
les rapides nonchalants

courants illusoires
où les habitudes
jouent au jeu des masques
et charrient le doute

voilà le pont
c'est le dernier
après plus d'eau
à mon moulin

la dérive
à l'affût
comme une ombre
je chavire

je suis
venu
j'ai vu
perdu

et
perds
ces
vers

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Dernière édition par le Sam 28 Juil 2007 - 1:22, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 3:19

GrandGuru a écrit:
Apogée-hurloir

L'intrusion d'un ciel retors
au poids d'incontinences
lacrymales et impudiques

interdit les soubresauts extrudés
de ma bouche
mangeant ma bouche

le cou cambré
la nuque calée
sur le passé agonisant

sur les soutes de lambeaux amoncelés
amarrées à ma schyzo-panoplie
désamarrées de ma torpeur d'insouciance

je chie mon désespoir
esquive les gouttes d'acide
et m'ampute de ma nuit noire

ô ma nuit d'orgueil
mon puits de peines éperdues
mon chaos rampant aux minutes creuses

son cri t'a dissolue, équarrie
je franchis enfin ton horizon
lame effilée, limite du chaos

mes jambes enjambent
mon entrejambe entrejambe
mes bras brassent

mon torse se tord
mes dents Dante
et mon âme, Madame,

te hurle l'amour libéré!


J'en étais à me dire, cette nuit, découragée, que je ne lirais jamais plus une seule poésie parce que trop d'imposture, trop d'inabus....
J'ai bien fait de transgresser.
J'en suis là.

Une après l'autre. J'emporte celle-ci. Déjà.

J'ai bien fait.
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 13:09

GrandGuru a écrit:
L'oeil implacable du vide


Tes traces
sont des alvéoles
des replis
de réalité courbe
défloraisons
stériles déceptions
des errances désamarrées
et anarchiques
plutôt qu'expérimentations
comme tu aimes à le faire croire

Urgence
dans le décalage
de l'oeil clos derrière, des météores de délires fugaces défilent et explosent

Parapheras-tu
cette fois
le déni infini
d'une idée
indéfinie
et inédite?
Rien n'est tombé
lorsque tu as lâché prise

Le regard rond
du zéro
s'écoule de haut en bas
comme une lente flaque d'huile tu sais qu'il est toujours là, que tu ne lui échapperas jamais

Parfois
tu cherches une issue
dans le miroir
un prétexte au néant
aux béances coupables
(copulables?)
ces vides entre les trajectoires
tu les serres
dans tes poings
écrases le hurlement continu
qui existait bien avant ta venue
celui qu'enfant
tu enterrais
ingénu
en détournant le regard
sous le rire des corbeaux

L'oeil rédempteur
n'opère
que si tu le sers la miséricorde se paye, ne soyons pas naïfs

Tu t'inventais
des démangeaisons de l'âme
alors que les réponses
avaient toujours été là
mais tu as toujours trop cherché
pour trouver

Pourtant

la fille a posé son sourire
sur l'épaule
même si elle a gardé
un bouton clos
ultime obstacle au désir

La vue de ce bouton
résume toute ta vie à tes utopies toujours un obstacle tu trouveras

Alors tu sors
tu pisses sur la terre
qui boit tout
boit ton ombre
et toi avec.



je vais essayer de les prendre dans l'ordre, petit à petit, pour commenter et rattraper mon retard progressivement.

ma première impression est que tu sais nous emmener dans l'univers que tu veux décrire, mes prochaines lectures confirmeront ou infirmeront cette remarque.
cet Oeil Implacable du Vide m'a parlé, mais d'une drôle de manière. certains mots, certaines formules, peut-être un peu trop recherchés/empruntés/emphatiques, m'ont interrompu de nombreuses fois à la lecture, et comme le style de ce poème est clairement hâché, ça fait beaucoup d'interruptions, surtout sur un poème assez long.
aussi, je t'avoue ne pas avoir bien compris le sens de ce jaune pétant sur les strophes courtes, ça rend le passage (volontairement, je suppose) illisible et l'intérêt de les garder me paraît par conséquent partiellement limité.
cela dit, j'aime assez la structure, et les images que tu offres, mention spéciale pour les tout premiers vers et ceux-ci : tu enterrais / ingénu / en détournant le regard / sous le rire des corbeaux. je regrette parfois des strophes qui ne me semblent pas utiles, ou chargées de sens, comme la 3ème (mis à part : rien n'est tombé / quand tu as lâché prise), ou la 6ème.
au-delà, niveau ressenti, je me suis senti plongé dans une tête fiévreuse où les réflexions, méga-comètes, s'entrechoquent les unes aux autres et se fracassent jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien -c'est très perso évidemment- à part ce regard, cet oeil et cette fille, implacables et inaccesibles...
bref, une assez bonne impression sur l'ensemble ; je m'efforcerai de passer en revue un à un tous tes sujets, je reviendrai cet ap ou ce soir pour le prochain.

merci à toi, GrandGuru.
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mar 10 Avr 2007 - 15:53

GrandGuru a écrit:
Post-jalousie


Je suis jaloux
de ceux que tu aimes
de ceux que tu détestes
de ceux qui t'approchent sans savoir

du voisin que tu croises
tous les jours
lui accordant un sourire
il te tient peut-être la porte
respire ton parfum
dans le sillage de ta chevelure

celle que je n'effleurerai plus jamais

de l'amant d'un soir
l'inconnu qui aura osé
et pour qui tu te seras dit
"pourquoi pas?"
que tu auras jeté juste après
comme un chien

le chien que je ne serai même plus

Je suis jaloux
de ceux qui te font rire
de ceux qui te font pleurer
de ceux qui te font hurler
de ceux qui te font jouir
de ceux qui te voient nue
de ceux qui te voient tout court
de ceux qui te verront vieillir
de ceux qui te verront morte

de ceux qui oseront encore se souvenir de toi
alors que je t'aurai peut-être oubliée



autant je trouvais le précédent parfois trop recherché, autant je trouve celui-ci un peu trop évident.
je n'y trouve pas réellement de figures qui m'interpellent, rien de "bouleversifiant", hormis celle-là, et encore :

dans le sillage de ta chevelure
celle que je n'effleurerai plus jamais


que j'aurais tourné différemment, en ôtant le celle.

je n'ai pas trop accroché les énumérations en vérité, trop banales, jalousies ordinaires que je trouve traitées de manière tout aussi ordinaire. il me manque une... étincelle, un éclat, de cet auguillon inspiré qui triture et remue ; là, ça fait catalogue, liste de courses, j'ai pas facile à trouver le mot, énumération concrète de vers somme toute basiques, à l'emporte-pièce, bref, ce poème ne me casse pas trois pattes à moi, ca(con)nard... je suis un peu déçu quoi, car le titre me laissait augurer beaucoup plus de sensations...

désolé... confused
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filo




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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mer 11 Avr 2007 - 1:36

Ici maintenant
sitôt dit sitôt enfui
as-tu profité?

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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mer 11 Avr 2007 - 18:23

Evidemment oui
sitôt que je le reconnais
le talent se dicte




GrandGuru a écrit:
Des illusions


Vivre de peu de mots, sans les sourires forcés que la bienséance injecte sur nos faces soumises ; entre diplomatie et hypocrisie la marge est mince.

Méditer dans le vacarme des glas quotidiens, des défilés désespérés, troupeaux de la dernière chance, sous l'oeil impavide des grands frères pervertis.

Garder l'équilibre sur le fil ténu des aspirations/inspirations intimes, tendu entre la vulve maternelle et un horizon fantasmagorique, qu'on érige vertical en feignant d'ignorer son implacable et fatale horizontalité.

Vomir les conditionnements, ceux inoculés afin de feindre la norme et l'équilibre, dégueuler les traditions pour gagner le droit à l'authentique foi personnelle.

Aimer l'Autre, non le miroir ni le fantasme, juste le complément, la différence, la nécessaire altérité, malgré la superficialité érigée en art de vivre, où les sentiments s'avèrent jetables, les passions s'essoufflent, se blasent, car tant de nouvelles sont encouragées et de portée facile.

Créer, hurler, tâcher notre parcelle d'univers de notre empreinte, du moins s'efforcer de lui trouver une place dans les multitudes d'artifices redondants et parfois si bien promus.

Ne pas faire la pute pour survivre, et pire pour vivre mieux.
Ne pas faire semblant d'aimer pour être aimé.
Ne pas écrire pour tuer l'ennui, mais pour dire ce qui n'a pas encore été dit.
Ne suivre personne.
Ne pas me suivre.



Lorsque tout est dit
nos mains se font complices
et merci d'écrire
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Romane
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Mer 11 Avr 2007 - 20:39

Des illusions : Rien à jeter. Justesse. Résonnances multiples. Que dire... sinon que j'aurais aimé écrire moi-même ce texte !
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Ven 13 Avr 2007 - 2:14

Maman est un mot que je n'ai jamais prononcé

à celle qui m'a porté comme une erreur
va dire que j'ai oublié son visage

dis-lui et ne souris pas
que je ne pleure pas
l'absence de ses bras
de ses baisers, de ses douces paroles
et tout ce que je n'ai jamais eu
je regrette seulement
ce sort qui l'a emportée
avant d'avoir pu la connaître

dis-lui et ne pleure pas
que j'ai dépassé son âge
que je suis grand à présent
et que je n'enfanterai pas
pour rester à tout jamais
l'enfant qu'elle porta
qu'elle a sauvé
et qui lui a pris son dernier souffle de vie

dis-lui et ne reviens pas
que ma vie s'écoule
comme une maladie
que je n'en guérirai pas
et que le dernier jour avant de partir
j'essayerai juste une fois
de prononcer son nom
pour voir ce que ça fait
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Ven 13 Avr 2007 - 2:23

Homo Erectus

Sur son piédestal
érigé par la force
l'homme-nombril domine
son phallus se veut digne
son bon droit une écorce
imperméable à la vile sous-mâle

pourtant

un glissement exogène
une marée de brise
frôlent l'épiderme de pierre
en un chiasme délétère
La statue sur son assise
frémit au premier je t'aime
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Ven 20 Avr 2007 - 1:20

OBSESSIONS

Dans ces corps à corps contre la mort
ces nocturnes corps en corps avec la vie
qu'ai je jamais cherché
sinon un reniement rituel de la ténèbre?

Les ai-je aimé pour elles-même?
N'était-ce pas leur amour
dont j'étais amoureux?
Ou leur corps?
Ou cet indéfinissable charme
inhérent à la féminité elle-même?
celle que je ne peux posséder
qu'en la soumettant?

Mais l'absence

Les nuits de non-amour
froides et immobiles
aux couleurs de cheveux gris

Le silence poreux
parfois cruciforme
s'enroule et se dépose en glène,
heure après heure, jour après jour,
troublé
par les hurlements des vers de terre
hhhhhhhhhhiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
persistants si l'on y pense
tortillements obscènes
s'insinuant entre la raison et le rêve
s'incrustant entre les deux hémisphères
de ma pompe à obsessions
qui jamais ne daignera
dormir avec sérénité.



.
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MessageSujet: Re: filo : Eloge de la limite   Ven 20 Avr 2007 - 2:13

Très surprenante tournure que celle de cette dernière poésie.
L'impression de prendre un virage au hurlement des vers de terre, pour m'enfoncer dans la mort. Et puis non, je me retrouve au contraire émergée "malgré".

Filo tu étonnes, imprévisible. Ah oui... et tu donnes l'envie de reprendre le bic.
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filo : Eloge de la limite

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