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| Auteur | Message |
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LylaTsB

Age : 49 Inscrit le : 21 Mai 2006 Messages : 3811 Localisation : Entre tong & bottine !
 | |  | | Nilo

Inscrit le : 15 Déc 2007 Messages : 115 Localisation : Highway 61
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Sam 17 Mai 2008 - 12:24 | |
| Continuer, oui !
Nilo, fil d'Ariane. _________________ "... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche" Léo Ferré, La vie d'artiste. |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Ramdam Dim 18 Mai 2008 - 21:56 | |
| La maisonnée s’agite et souffle un vent de mots à contresens du flot des rêves qui l’habitent et se lèvent des vagues dont l’écume est mutine il quitte la cuisine gagner son terrain vague sa terre d’aventure havre de flânerie où naît la fantaisie sous des pans de verdure virtuels ou réels où naissent des essaims d’abeilles qui ont faim de butin et de miel. Apidés sont ses sens à l’affût de piquant et de bon sens autant que des arborescences si possible fleuries et gavées de pollens qui nourrissent sa reine muse et sa folle envie. Il huche dans la ruche à réclamer son dû le poète est mal vu à regarder les mouches voler pourtant il crée de tous ses mots cousus de jolis pardessus quand les froids sont gelées. |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Pour raison d'inventaire Lun 19 Mai 2008 - 13:49 | |
| Pour raison d’inventaire
Il a ouvert son vieux sac à mots, l’a retourné, secoué, vidé pour en faire l’inventaire aux beaux jours du printemps. Il y a trouvé des mots purs aux sons de cristal, diamants irisés au spectre de lumière, émeraudes limpides et rubis chatoyants…ils distillent l’essence et de sens ils s’habillent : l’émotion sublimée, les sentiments de pourpre, les cris tus trop aigus, et les chants éraillés de douleurs sourdant vives au fond des plaies enfouies ; Et les joies qui palpitent aux bonheurs partagés, les fantaisies qui rient dans les yeux qui pétillent, les décors merveilleux des ailleurs féeriques, les jeux de chair, les jets de cœur, en touches crues ou suggérées ; Les objets quotidiens, les autres, qu’on ne regarde plus et que l’on pleure s’ils viennent à manquer, Les pensées inavouables ou révolutionnaires, les allées bleues du rêve ou de l’imaginaire, les arbres dressés haut dont chaque branche rejoint une étoile et chaque racine la profondeur nourricière, Les fleurs des champs, les chemins creux, compagnons des errances,le flux et le reflux des marées de la vie, murmures à l’aller, colères au retour, qui laissent au jour le jour les plages de chaque âme lavées des maux d’hier et ouvertes au matin neuf. Le sac à mots rangé, il peut reprendre pied et vers, en poétique randonnée. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51409 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Lun 19 Mai 2008 - 13:55 | |
| Il y a, dans ton inventaire, un tas de fourbi à retourner le coeur, et si bellement dit que c'en est un bonheur ! De toute évidence, mon passage préféré : ils distillent l’essence et de sens ils s’habillent : l’émotion sublimée, les sentiments de pourpre, les cris tus trop aigus, et les chants éraillés de douleurs sourdant vives au fond des plaies enfouies.
_________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: La leçon du chêne Jeu 22 Mai 2008 - 15:48 | |
| La leçon du chêne
A force de s’asseoir face au grand chêne pour le regarder, Il l’entendit parler : « A mesure que mes branches osent s’étendre vers le ciel y chercher la lumière, Tendre leurs rameaux au front de tous les vents, Je fatigue et commence à baisser les bras. J’aimerais aussi me déplacer, courir au-delà des collines, Mais les racines me tiennent ici qui filent souterraines à l’égal de ma couronne, Et je dois rester là immobile. Chacun sa place. Je serais l’équilibre et la force : Plus loin je pousse l’aventure aérienne, Plus profond je vais aux forces obscures et nourricières, Au for intérieur de la terre, Et plus encore mon fût s’élance robuste et se cerne. Sans racines, la moindre brise me coucherait Et sans m’exhiber aérien, je n’existerais pas, Je serais virtuel, un rêve de chêne. Vous qui voulez toujours aller plus loin vers l’infiniment grand, Voyez que sans le voyage intérieur au tréfonds de soi, au lien à la terre et à l’histoire, L’aventure n’a ni sens ni sève, Et l’introspection sans l’ouverture au monde, Sans humer l’air du temps et capter sa lumière n’est qu’arbitraire. Dans mes extensions opposées, je m’épanouis. Je m’encombre aussi de lierre, Il est ma cour, mon habit vert. Généreux, je lui partage ma nourriture Et il en fait de même aux oiseaux, Portant leurs nids et leurs faims d’hiver : Ses fruits tardifs leur sont des friandises. Ecoute mes feuilles, écoute les frémir d’aise dans leurs frottements réciproques : Autant elles sont, chacune est nécessaire à l’autre Et quand la sève les nourrit en parts égales, Entends leur symphonie dans la brise d’été … » « Arrête, chêne », lui dit-il, « j’ai compris ». Et de retour à la maison, il s’est pris à rêver. Une autre fois où il revenait vers son « éléphant » immobile, -Leur masse et leur gris se ressemblent tant-, A refaire le tour et le détour du tronc, des branches, des feuilles, De leurs frissons et de leurs ombres, Et les mains sur sa peau à le sentir vibrer au vent, Les yeux fermés à imaginer l’invisible, L’arbre, à nouveau lui a parlé. Il s’interrogeait tout haut sur le mystère de la sève : L’eau qui tombe du ciel et court vers les ruisseaux n’a qu’une hâte, Suivre la pente et se conformer au plus bas. Rejaillit-elle ici ou là, c’est que plus haut elle s’est accumulée Ou parce que l’homme s’en est mêlé, Mais la sève, elle, monte ! Elle s’élève jusqu’au bout de la moindre brindille, Défie les lois de l’attraction jusqu’à des hauteurs hallucinantes, Avec une masse cumulée énorme. « Je vis à contresens, je lève des montagnes d’eau, Et personne ne s’étonne de ce miracle. » Grâce au soleil, père, chaleur, idéal, feu, passion, Le chêne fit encore la leçon : Tendre jusqu’au bout des doigts vers l’absolu, défier le sens commun, Et les pieds ancrés à la profondeur, Permettrait de soulever les monts jusqu’à des sommets inespérés ? Tandis que se laisser couler… |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Le vieux bouleau Jeu 22 Mai 2008 - 18:04 | |
| Le vieux bouleau
Il a dû se résoudre à l’abattre Et maintenant, il est couché devant ses pieds, le vieux bouleau blanc. Il se penche pour lui caresser l’écorce lisse une dernière fois. Blanc ? A y regarder de plus près apparaît le rose chair, le vert olive sur la face exposée au nord Et des taches d’ambre clair, Cette écorce plissée sombre autour des blessures de taille qui sont autant d’yeux tristes Et ces profondes gerçures à la base du fût : des chemins froids de lave. A peine le vieil arbre a gémi lorsqu’il s’est affaissé. Juste un couinement, une plainte chétive, Et dans l’herbe épaisse le fracas des branches s’est fait sourd. Une à une, avec la serpe, il les élague : Les rameaux terminaux feront des balais de cour, il admire leur finesse et leur ton carminé, Le reste du petit bois, amassé, servira de refuge aux auxiliaires du jardin : hérisson, rouge-gorge, crapaud et pourquoi pas l’orvet de bronze ou la salamandre. Plus tard peut-être y viendront des pieds de moutons succulents. Le tronc impropre à la mise en œuvre sera débité en rondins et cordé jusqu’à l’hiver suivant Avant de chauffer la maison. Il se souvient des camps d’été pluvieux où l’écorce du bouleau était réputée s’enflammer même humide, et des prairies sur les collines picardes où ses frères trônaient clairs parmi les pins et les anémones pulsatilles se courbaient soumises au premier vent chaud d'avril. Au chant régulier de la scie, il repense l’arbre debout, pleurant ses dernières larmes d’or Au souffles puissants de novembre. Il ne reverra plus les pousses vert tendre, ne goûtera plus la fraîcheur de son ombre légère Sous le port élégant faisant la révérence. Ce n’était qu’un arbre immobile et passif, subissant les saisons et seulement occupé A s’élever en défi à la pesanteur. Mais il lui parlait, et son arbre lui berçait le regard et les rêves, lui chantait les oiseaux et bruissait de mystères, lui chantait des couleurs autant que de jours. Le soir tombe, assis sur la souche il se promet de le remplacer, Vite.
Dernière édition par gohelan le Jeu 22 Mai 2008 - 18:35, édité 2 fois |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51409 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Jeu 22 Mai 2008 - 18:08 | |
| C'est fou ce que Dame Nature peut t'inspirer, Go. Je devrais m'essayer pour voir, mais je pense que ça donnerait encore tout autre chose. Marrant, ça.
J'adore toujours autant te lire, c'est apaisant. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Jeu 22 Mai 2008 - 18:40 | |
| | ce sont des textes que je retravaille un peu à la fois...après le bûcheron vient le sculpteur. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51409 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Jeu 22 Mai 2008 - 18:44 | |
| ça me rappelle quelque chose... _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Arbres amis Ven 23 Mai 2008 - 0:03 | |
| Des premiers rayons de l’aube au crépuscule flamboyant, Mes regards vont à mes arbres. Je les connais tous en toutes saisons, Avec ou sans leurs feuilles, J’en connais les musiques, j’en connais les couleurs, Le port et sous terre les racines qui filent Ou pivotent en profondeur. Je les touche et les taille Un peu, le moins que je peux Et leur liberté ne m’a jamais déçu. Toi le charme au bois dur, J’aime ton corps touffu, modelable, En cépée, en tige, ou en haie de charmille paravent, Tu chantes l’été, tes feuilles vertes, Et l’hiver encor, marcescent. Le hêtre, ton cousin brillant, Fait la révérence de ses branches basses Et sous ses dessous ombragés J’ai vu l’ombre des rameaux se découper ardoise Sur son tronc clair, Et vers le ciel Des chorégraphies scintillantes en habits de rouille, Au théâtre de l’automne soufflant. Je le préfère pourpre et géant, Et reviennent ces secrets d’enfants partagés Dans l’intimité de sa ramure opaque et mouvante. Mon chêne est massif, Un éléphant, Tant leurs peaux se ressemblent de gris et de plis Et leur emprise au sol est lourde. Le frêne file droit au zénith, Pressé d’étaler ses dentelles Et d’ouvrir ses petits yeux noirs au creux des pédoncules. Le bouleau fait équipe souvent pour coloniser le premier les jachères. Léger, remuant de la moindre risée, Il réchauffe les paysages d’hiver de ses rameaux carmin Sur habit blanc. Sur le haut des collines picardes, quand pointait le printemps dans ses petits cœurs vert tendre, Il était doux de s’allonger dans les prairies de son royaume A regarder danser l’anémone pulsatile au premier vent doux d’avril. L’if, lent comme le houx et le buis odorant, Prête ses verts profonds aux décors en faire-valoir Des tendres prunus ou autres noisetiers rouges, Erables negundos ou champêtres. Le cèdre du Liban, gardé à distance par quelques cyprès faméliques, Etale sa seigneurie à l’écart du petit peuple arborescent. A l’entrée de ce royaume feuillu, Les marronniers d’Inde ont déroulé le tapis rose Jeté par leurs feuilles mains sur l’allée sinueuse. Au pied de chacun de ces grands immobiles L’imaginaire assis rêve d’un bond géant Escaladant les fûts, sautant de branche en branche, A l’affût d’air nouveau et d’ombres qui s’épanchent. |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Délicats coquelicots Lun 26 Mai 2008 - 10:49 | |
| Délicats coquelicots
La tâche est rouge dans le champ Parmi le seigle blond qui bruit Du frottis de ses barbes drues Dans l’éclat vif du matin neuf L’œil s’immerge dans le vermeil Coule la tâche dans le champ
A voir ainsi saigner la terre Il aimerait la cruauté La robe est de velours froissé D’un amour nocturne de lune Suinte le sol du sang versé Lavoir des saignées de la terre
Dans l’éclat vif du matin neuf De délicats mouchoirs s’agitent De délicats coquelicots Chiffons vermillon en rosée Etincelles figées de forge Coups de canif du matin neuf. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51409 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Lun 26 Mai 2008 - 11:10 | |
| L'image du coup de canif est extra, fallait y penser !! J'adore les coquelicots et le pavots, sans aucun doute parmi mes fleurs préférées. Chiffons, froissements, fragilité et agression-sang, oui, voilà ! _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Laconfiture Palala

Age : 21 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 769 Localisation : Lyon
 | Sujet: Re: Le recueil de gohelan Lun 26 Mai 2008 - 23:28 | |
| Tu sais, c'est fou, mais je pense vraiment avoir un goût beaucoup plus prononcé pour la poésie que je qualifie de façon totalement désinvolte d'"urbaine", mais j'aime avec plaisir retrouver tes champs et tes grands arbres.
Et puis les coquelicots c'est aussi un peu mes fleurs préférées... |
|  | | gohelan

Inscrit le : 19 Déc 2007 Messages : 714 Localisation : en l'air
 | Sujet: Attendez s'il vous plaît! Sam 7 Juin 2008 - 22:40 | |
| A courir par tous les chemins dans tous les sens et par toutes les saisons juste attentif à ne pas aller dans le mur. A regarder les arbres, à écouter leurs chants d’oiseaux et de vent et à pleurer avec leurs branches dépouillées et tortueuses l’hiver qui geint. A se pencher sur les fleurs au creux des sentiers d’ombre et à siffler la mer des blés frissonnant d’épis murs. A s’agiter et à s’occuper de faire, défaire et refaire. A veiller accessoirement au grain, il ne les as pas vues grandir et déjà elles lui échappent. Leurs yeux se soulignent noirs de femme quand il les rêve encore enfants attendant avec impatience la gourmandise de ses genoux tressautant et de son petit théâtre de père pitre. Leurs tenues s’adultent quand il les voit encore courir en pyjama dans le jardin où sont cachés les œufs de Pâques « dis le nous, hein, s’il te plaît, dis- le nous où ils sont ». Les rires étaient purs et l’âme et son bonheur. Demain matin l’horizon est une maison vidée de jeunesse. Et son désordre manquera. Attendez, pas si vite, laissez le répondre aux pourquoi. Au pourquoi continuer de faire, de se lever, de penser demain ? Attendez, ne partez pas de suite, laissez lui retrouver une raison de vivre. |
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