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Le Recueil de Pascal9

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Pascal9




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MessageSujet: Le Recueil de Pascal9   Mer 3 Nov 2004 - 22:54

Le Départ.


PRELUDE

L’ombre bleutée de la montagne Ste Victoire s’allongeait sur les coteaux des vignes, c’était l’heure incertaine qui prélude à la nuit… Le temps propice au sommeil ou à l’amour, enfin le moment paisible advenait où les corps allongés exprimaient leurs envies ou leurs désirs, le repos ou l’étreinte.
Dans le jardin mauve qui sentait le jasmin et la clématite, une très vieille dame reposait, étendue sur un transat d’un autre âge, le fauteuil immaculé que l’on aurait pu rencontrer sur le pont d’un paquebot au temps glorieux des compagnies transatlantiques.
Le jeune homme s’approcha sans bruit, timidement, dans la nature endormie régnait un silence d’église de campagne.

PREMIER ACTE
- « Fous l’camp, la mort » -

Délivrée des tourments
La dame en blanc
A unie son destin
A celui du printemps
Camarde, tu peux ranger ta faux.

Foutue mort range ton vieil outil
Il ne tranchera jamais
Le fil d’or et de feu
De ses jours de gloire
Admire son sourire

Admire son passé
Se lire sur son front
Regarde sale voleuse
Ses rêves la maintenir
Tu peux ronger ton frein

Tu peux grincer des os
Avec ta sale gueule
Fouiller les souvenirs
Fouiller, fouiller encore
Non, tu n’apprendras rien

Non, tu ne prendras rien
Il n’y a rien à déchirer
Tu te fais des films
Sur la tristesse des vieux.


ACTE II
- « Le temps de la soie et du satin » -

Elle virevolte et se caresse
Dans les parfums de la tendresse
Des draps, des fleurs, des vins précieux
Sans oripeaux, elle virevolte
Elle se faufile dans des bras fous
Abri précieux qui la rassure
Parfois elle crie et elle se perd
Dans la chaleur des souffles lourds

Elle connaît des langages rares
Qui fredonnent des chants miellés
Elle se love dans des regards
Elle est tellement avide d’amour

Insolemment, elle donne son corps
Elle ne veut pas le gaspiller
Elle ne se sert que d’une seule arme
Quelques baisers, sucrés salés

Eternellement dans son lit
Elle ravive toute sa flamme
Elle sait les désirs secrets
Entre l’ourlet de ses lèvres roses

Impudiquement elle se donne
Elle cherche quelque peau à aimer
Un corps chaud, des bouches tendres
Un amant pour se cacher

Elle s’insurge devant ces bigotes
Qui n’aiment que la charité
Elles, elles n’ont plus de corps
Elles n’ont qu’un cœur desséché

Elle se bat devant la morale
l’hypocrisie et la rancune
Et puis devant la misère
Devant d’autres culs mal assis

Elle désespère devant la jeunesse
Qui renie les sens de son âge
Elle se souvient de la tendresse
Et elle retourne à ses audaces

Elle se dit que tout est bon
Qu'elle s'est affranchie de la morale
Puis elle lisse du bout chaud de ses doigts
Une chaleur, une corps qui plie

ACTE III
- « Jamais, je ne ferai le bilan » -

Sur les routes fabuleuses de ma vie
J'ai aimé la peau des hommes
Des p'tits câlins au matin blême
Où je lançais mon premier cri
Avant de sentir le feu en moi
De l’autre côté du soleil

Sur les routes douces de ma vie
J'ai connu la nuit et le sommeil
Des lèvres qui m'ont dessiné je t'aime
Un soir où je ne pouvais dormir
Avant de sentir le chaud en moi
De l’autre côté du désir

Sur les routes humides de ma vie
J'ai léché des bouches impatientes
Mes mains pétrissaient douce argile
Je me suis rafraîchie sous des langues
Avant de chanter des chants de vie
Sur des musiques barbares

Sur les routes chaudes de ma vie
On m'a écouté et aimé
Un homme m’a confié son fardeau
En me chantant son destin
Et je lui dessinerai des étés
De l’autre côté du soleil

EPILOGUE

- Rien ne sera jamais terminé -

Habillé de nos incertitudes
On fait l’impasse de nos amours
On dit la vie, on dit le temps
Quand on aime qui est le plus fou
Et moi, je vis

Mais pourquoi t’écrire
Ce que tu sais déjà
Tous les mots de mon stylo
Ne suffiront pas
Croire en toi
Mais laisse-moi te murmurer

Etonnée par le jour qui tombe
De ton ombre, je porte la couleur
On donnait le temps, on donnait l’heure
Tu es dans le chant des oiseaux
Le vent sait cela…
Et moi je suis là

Mais pourquoi t’écrire
Noircir les pages de mon carnet
J’aimerai encore te donner l’heure
Croire en toi
Laisse-moi te murmurer

Mais pourquoi t’écrire
Ce que tu sais déjà
J’aimerai garder encore le chant des oiseaux
Croire en toi
Mais laisse-moi te murmurer
En amour on n’a jamais fini
On sait tout
On sait rien…

Jamais, je ne ferai de bilan….
Rien ne sera jamais terminé…

La nuit était maintenant complètement tombée sur le jardin, la montagne sur l’horizon se devinait, mauve sur rouge, sur bleu, sur rose… Merci monsieur Cézanne, merci…
La vieille dame respirait doucement, le jeune homme attendri la regardait sommeiller, il allait partir, il était temps, d’un revers de la main, il l’effleura comme l’on effleure une rose à jamais fleurie… Il savait, oui, il avait désormais la certitude qu’un tel bonheur ne pouvait pas disparaître, elle vivrait à jamais dans ce jardin provençal, dans l’odeur des olives et des romarins… Loin du bruit et de l’éclat des villes et des vacances programmées…
Il pouvait s’éloigner dans l’ombre de la montagne…
_________________
La Patrie n’est qu’un campement dans le désert.
Kyab-Yingpa, Tibet 17ème siècle

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Pascal9




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MessageSujet: Signes   Mer 3 Nov 2004 - 22:58

Signes.


Je trace les signes d’encre d’un pays de nuages.
Loin des chromos d’azur d’agence de voyages.
Là ou des hommes gais ont les yeux tristes.
Non pas éteints par des visions terribles …
Non. Les yeux chargés d’un passé de servitudes, de devoirs,
D’honneurs rendus à des seigneurs de guerre ou d’argent.
Ignorés, méprisés terriblement…

Je trace les signes d’encre d’un pays de lumière voilée.
Loin des soleils claquants de Méditerranée.
Là ou des hommes vrais on le goût des femmes chaudes et vivantes…
Elles ont les yeux paisibles et doux.
Elles ont tout connu, tout compris et tout pardonné …
Leurs cœurs malmenés et cent fois consolés donnent à leur démarche un port de reine.
Elles sont la véritable noblesse que l’on ne voit nulle part ailleurs.

Je trace les signes d’encre d’une vieille terre. Au Septentrion de l’Europe.
Un pays de rêveries à défaut d’être pays de rêves.
Là où les couchers de soleil sont les néons des cafés accueillants.
La fraîcheur du climat cède à la douceur des mots.
Des mots dits, chantés, déclamés ou susurrés.
Des mots d’amour, de colère ou d’espoir,
Des mots pour bâtir et y croire encore.

Je trace les signes d’encre d’un quartier, d’une rue ou d’un village, qu’importe…
Je ne sais rien faire d’autre que tracer les signes
Ecrire pour évacuer la haine, le chagrin et la mort.
Ecrire pour aimer, pour être humain, écrire pour tenter de comprendre les hommes.
D’autres hommes qui tentent de survivre malgré eux, s’accrochant de leurs ongles, désespérés.
Aux nuages gris d’un ciel capricieux, le ciel d’un pays si rude et si vivant.

J’écris pour vous aimer, toutes et tous, malgré nos différences,
Malgré nos peurs et nos actes maudits.
Malgré mes impatiences et mes angoisses d’homme fou.
Fou d’humanité, de paroles, de gestes vrais de regards forts. De vie.

Je trace les signes sur un écran, sur une feuille blanche.
Comme on trace à la craie sur le mur de l’usine, une révolte, un cri :
« Aimez-nous ! » nous l’avons mérité…
Regardez nous, regardez vous, nous sommes vivants.
Beaux, de la beauté sublime que donne le mouvement,
« Osez, osons ! »

Qu’importe si nous tombons, maintenant ou dans un an.

J’écris
_________________
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MessageSujet: Ce soir, nostalgie...   Mer 3 Nov 2004 - 23:39

A christian, qui est parti, si vite…

Ce soir, nostalgie, je prends le large

Sur le crépuscule flamboyant plane l'odeur des roses jaunes.
Comme une promesse heureuse, une caresse du plat de la main,
Une main de femme aimée, une femme de la rue, une vivante, douce et chaude...
La pierre du pas-de-porte est brûlante comme un dernier baiser...
Je suis assis, tranquille, calme et puissant, comme un vieux chef sioux, à l'aube de la bataille...
Ce soir, nostalgie, je prends le large
Je pense, je ne rêve pas, je pense...
Les années ont ajouté des racines à mon corps, je suis l'orme et l'olivier...
Malgré les bourrasques, le mauvais vent de la tristesse, les pluies acides des larmes qui ont raviné l'écorce de ma peau.
Ce soir, nostalgie, je prends le large
Vers l'horizon marin coule la boule rouge du vieux soleil endormi...
L'odeur des roses, l'odeur du sel, le sel qui tanne la peau et les rêves...

Je suis assis, je récupère... Comme le boxeur au milieu du combat...
J'aspire à plein poumon l'air doux comme du sirop, je me retrouve...
Comme le coureur de fond au kilomètre 32... Surtout, ne pas se retourner... Si tu te retournes, tu tombes...
Ce soir, nostalgie, je prends le large
Je sens de nouveau la vieille vibration intérieure, celle qui réchauffe...
La pompe remet en marche la vieille mécanique endormie...

J'ai des envies, des envies, d'exister...

D'abord me fatiguer; comme on fatigue un cheval au travail, courir dans la campagne, longtemps jusqu'à la cassure, jusqu'à sentir les poumons souffler comme la forge, la sueur jaillir de partout, et l'immense fatigue arriver, celle que l'on ne peut contrôler...
Me fatiguer pour pouvoir dormir... Dormir du sommeil lourd et profond des épuisements définitifs... Dormir pour réparer, dormir pour me reconstruire...

Ce soir, nostalgie, je prends le large

Ensuite, récupérer mes capacités à m'émouvoir, à vibrer, à me passionner
J'ai envie de coups de coeur et de coups de gueules...
De conversations qui n'en finissent plus sur des sujets futiles et pourtant si essentiels...
J'ai envie d'écouter, de voir, de comprendre, de rire au spectacle de la vie et du monde,
Ami fantaisiste qui me donne de la joie par tes pitreries qui me livrent souvent le reflet de moi-même,
Ami poète qui me donne l'émotion poignante de la beauté d'un texte ou d'une idée, fragile comme le parfum des roses jaunes, les caresses d'une main de femme...
Ah! Rire encore de l'Auguste bafouillant....
Ah! Sentir rouler la perle d'une larme en écoutant chanter l'ami musicien...
Ce soir, nostalgie, je prends le large

J'ai envie de repas pris entre amis, du fumet de la cuisine de bistrot,
de nappes à carreaux rouges, de beaujolais et de philosophie de comptoirs....
J'ai envie de partager, un coucher de soleil ou une cigarette, un point de vue ou un fruit mur, du plaisir, de l'émotion.
J'ai envie de rechausser mes vieilles grolles fatiguées et de retourner faire un petit tour de piste sur la vieille boule bleue...
Ce soir, nostalgie, je prends le large

J'ai envie d'amour, de plein d'amour, de donner et de recevoir, d'inventer de nouvelles caresses, d'écrire un nouvel alphabet des corps dans l'espace douillet et capiteux d'une chambre...
J'ai envie de goûter à nouveau la saveur de la peau, d'embrasser les replis secrets et doux des mystérieux vallons de satin et de rose...
Ce soir, nostalgie, je prends le large
Quatre-vingt kilos de viande rouge qui palpitent...
Vivre par l'instinct, retrouver son animalité dans la jungle des villes...

Vibrer, sentir, goûter, aimer, courir, lécher, manger, boire, humer, laisser-aller, EXISTER ET VIVRE...

Dans la nuit de velours carmin plane l'odeur des roses jaunes.
Je ne rêve pas, je pense...
Même si j'aime à me souvenir, même si j'aime à retrouver de vieilles images...
Ce soir, nostalgie, je prends le large

Debout, silhouette sombre, ombre chinoise sur l'horizon marin, je marche...
Je marche vers mon destin, je suis peut-être à mi-chemin, peut-être pas... Personne ne connaît la longueur du trajet...
Je respire encore l'air parfumé comme la peau d'une femme...
Je suis fort, j'ai de fortes jambes plantées dans le sol, mon regard porte au loin...
Nostalgie,
Je prends le large.
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MessageSujet: La pensée unique   Mer 3 Nov 2004 - 23:40

LA PENSEE UNIQUE.


La pensée unique en ayant assez
D’être en dehors de la bonté
Un soir a brisé ses entraves
Elle avait faim d’humanité
Avec ses livres prédigérées, avec ses jeux télévisés
Qui se lovaient au fond des yeux
On la vit s’habiller de rêves
Elle se paraît de mots nouveaux.

Quand on est futile
Tout paraît facile
Au cœur des cités
C’est ce que l’on croit
Mais le temps survient
On brise ses chaînes
On se donne la peine
D’être enfin sensible
Pour être vivant.

Pour les mauvais esprits
Pas de paillettes académie.
Pas de jours de soldes
Dans les rayons du prêt à penser,
Choisissez, choisissez…

De la prose à la poésie
Des pages blanches, aux toiles peintes
Vers ces destins où rien n’est dit
Personne n’a trouvé la gloire.
Mais tout à l’horizon de ton périple
Dans les zones légères de l’émotion
Tu y retrouves le seul, le vrai, l’humain …
Le cri de la vie qui palpite.

Quand on est futile
Tout paraît facile
Au milieu du gué
C’est ce que l’on veut
Mais le jour arrive
On franchit la rive
On se donne le temps
Pour être à l’écoute

Pour les pauvres esprits
Pas de gloire éphémère
Pas de fards, ni de masques
Dans les rayons du prêt à aimer
Déprimez, déprimez…

De ta maison ou de ta rue
Il est temps de briser la glace
Il est temps de traverser le miroir
Qu’un soleil ardent de sensations
Dessille tes yeux fermés aux couleurs de la vie
Qu’un chant barbare
Ouvre tes oreilles bouchées de mièvreries…

Pour les simples d’esprits,
Aragon et Prévert accourez !
Pablo et Vincent peignez !
Enfants, il est l’heure de se réveiller…

Lille, le 13 octobre 2004
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MessageSujet: Re: Le Recueil de Pascal9   Jeu 4 Nov 2004 - 0:40

J'aime énormément.
C'est si évident !
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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Romane
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MessageSujet: Re: Le Recueil de Pascal9   Jeu 4 Nov 2004 - 0:45

Pascal, ne cesse pas d'écrire, d'écrire ainsi, si fraîchement, si doucement, si intensément !
J'aime terriblement tes mots.
Romane
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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Pascal9




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MessageSujet: Ours gris   Jeu 4 Nov 2004 - 10:31

Ours Gris

Le matin te retrouve en son sein cotonneux
Et massif, griffu et puissant, tu te dresses
Vers l’horizon boisé et ses images nettes
Attendant ton départ.

Ours gris, mon frère,
À cet instant fragile du jour dans le soleil naissant
chargé de rouge sève
De la montage noire, seigneur en ton domaine


Sur le fauve de ton manteau de roi, un éclat de métal.
Et du calme du vallon les chants rauques de victoire
ont jailli de ta gorge aux échos des rochers.
Ce qui brûle en tes yeux dévore le paysage.
Tes sujets humbles et doux se prosternent
Et c’est penché vers toi, qu’ils rendent hommage.

Toi, implacable et puissant et magnifique totem,
de ce coin de forêt mêlant nuit et clarté
Patient, attentif, tu aspires à la paix.
Jusqu’à l’ultime instant. Partir avec panache.
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MessageSujet: Trésor d'Opales   Jeu 4 Nov 2004 - 10:32

Trésor d’opale.

Lumière de lune, mauve prairie, chevaux sauvages.
Le silence du vent te fait semblable au ciel
Ma mâchoire de loup cervier, de ses crocs
a fait frémir le cœur du tréfonds de la plaine

J’étais comme un enfant. Abandonné des hommes.
La fureur me gorgeait de toute sa nuisance.
Pour oublier cela j’ai dû t’adorais comme un trésor d’opales
Et tu es le baume de mes blessures, tu es la fraîcheur de mon front.


Mais arrive l’instant de l’incarcération, et je te chéris.
Coups de pieds et de triques, de matins glauques et gris
Viennent les frimas de l’absence, les barbelés du cœur.
Reverrais-je une nuit lumière de lune, mauve prairie ?

Liberté des hommes, je chanterai ta puissance.
Apporte-moi la force d’aimer mes ennemis.
Rivière fraîche où lentement mon corps puissant dérive
Et ma prison s’effondre, pour toujours je fuis.

Lumière de lune, mauve prairie, chevaux sauvages.
Pour toujours je garde, mon trésor d’opales.
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MessageSujet: L'élagueur   Jeu 4 Nov 2004 - 10:33

L’élagueur.


C’était l’élagueur d’arbres à mélancolie.
Des dizaines d’apprentis venaient se former avec lui dans de grandes
clairières et repartaient des années après instruits de sa science.
L’élagueur atypique leur avait tellement enseigné, tellement appris en
n’omettant rien qu’à l’issue de cette initiation, en existe-t-elle de plus
mystérieuse ? Les aspirants élagueurs explosèrent de rire et s’en allèrent, plus légers qu’auparavant.
L’élagueur partit alors accomplir sa besogne et ce n’était dans chaque cité qu’une
Succession de milliers d’abattages qui se couchaient ensemble devant
L’artisan qui défrichait encore plus intensément, peut-on extirper totalement la tristesse ?
On découvrait par le monde de grandes clairières de joie et de bonheur.
Le fruit du labeur de centaines d’élagueurs d’arbres à mélancolie qui communiaient ensemble pour accroître le bonheur des hommes.
Un bonheur si simple et si nécessaire :
Le rire…
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MessageSujet: L'ancien combattant   Jeu 4 Nov 2004 - 10:34

L’ancien combattant.

Vieux sage plus érudit que tous nos décideurs
Assis sur le seuil que préservent les anciennes
Malicieux et serein, parmi les hommes sombres
Tu adores palabrer dans la fumée âcre du tabac

Sur ton torse il ne reste qu’un lacis de lignes roses
Sur la place les enfants se regroupent en silence
Pour les éclats dorés de tes yeux survivants
Tes yeux qui les font voyager

Vieux sage plus aimant que toute un pensionnat
Les années s’accumulent sur ton toit ondulé
Et toujours à l’écoute de chants nouveaux
Les sourires des enfants te sont cent récompenses

Je conte ton histoire pour un matin de novembre
Un matin gris et froid dans les plaines d’Artois.
Un matin d’enfer où malgré ta sagesse
Le désespoir des hommes t’a montré son visage

Je raconte ces jours qui vous furent dérobés
Nul ne contera vos cris sauf vos chants sacrés
Vous serez oubliés parce que trop noir de peau
Dans la mémoire d’Afrique vous resterez marqués

Vieux sage plus fort que toutes les guerres
Assis sur ta natte que protègent tes filles
Patient et immobile, parmi les fils de l’avenir
Tu chantes ta mélopée sans fin


Toi le griot,
L’ancien tirailleur sénégalais…
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MessageSujet: Novembre   Jeu 4 Nov 2004 - 10:35

Novembre


Sur les branches du vieil orme un éclat d’or
La colline à l’horizon qui se découpe
Qui ondule
Jusqu’aux confins des lointaines futaies
Le soir qui regagne la vallée
Et cet instant fait ma joie
La lampe de la cour qui s’allume
L’odeur de terre fraîche du jardin assoupi
Comme cette saison des souvenirs
Comme un soupir dans le passage des jours.
Novembre…
_________________
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MessageSujet: Sentinelle sur l'horizon   Jeu 4 Nov 2004 - 10:38

Sentinelle sur l’horizon.





Assoupi dans les herbes hautes.
Sur la dune, horizon fauve qui brille.

Perles de sable en sautoir, dessins ethniques.

Danse guerrière, brune, pourpre.
C’est le murmure des vents d’Est devant les murailles salées.

Pour être vivant ils chantent une légende.

Une longue nuit sur le désert vide.

Le guerrier Peul aux longues jambes crie sa colère

Bergers en marche dans les oueds sanglants.

Des forces brutes passent dans mon corps rompu.

Traces de lion sur la piste du Nord.

Avec des mots nouveaux, élévation d’un temple.
Priant debout, je garde la mémoire fiévreuse d’avant la pluie.

Elle tombe, je bois comme une fleur de poivre.

Les plus belles sensations se respirent en dansant,
Comme une cérémonie magique…

Les fers de lances s’aiguisent dans l’ombre, polis dans les corps ennemis

Ton esprit berger, est pur depuis le premier matin.

Mon cœur me parle. Le désert est en moi.

La silhouette de l’ancien ? Disparu.

La silice de la plaine est au bord de mes yeux.

Les reines du Soudan se parent comme des idoles dans le cirque sauvage.

Un ciel de légende abrite nos rêves de gloire.

Arrive, voici l’ombre de nos anciens guerriers.

Le soupir puissant de leurs derniers souffles.

Impatience du chant, claquements de langues.

Je brandis mon bâton comme un sceptre, le temps est mon troupeau.

Danse… Je jette un sort…

Un pied posé dans chaque monde, les mains tendues vers les étoiles mères.

Je suis le passant d’un monde dans la force de l’âge.

Mon sac de racines est plein de voyages magiques.

Pour être vivant, ils chantent une légende.

Des siècles passés, le souvenir me reste encore.

Accroupi dans les herbes hautes,

Je murmure aux anciens marcheurs.

Moments de vie sauvage.
Pour être vivants, ils chantent une légende.





Lille, le 08 juin 2004
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MessageSujet: L'antilope   Jeu 4 Nov 2004 - 10:38

L’Antilope.


C’est un peu après que le soleil ne s’efface.
Tu es debout sur le seuil de ta case.
Le lac est à ta gauche, eaux troubles.
Rives de sel.
Il garde un peu de lumière farouche
Que la nuit avale par morceaux.

Tu vois se pencher sur l’opale
Cette antilope encore jeune et
L’ombre qui l’enveloppe.
Elle tremble, tellement frêle,
Pattes fines,
Cornes tressées et fortes comme des cheveux de femme.

Elle t’a lancé un regard et ensuite,
Tu vois sa souplesse
Tandis qu’elle boit.
Touchant la surface de sa bouche.
Suspendue, aérienne, par un sortilège d’élégance,
De grâce,
Suspendue, en instance, par son charme envoûtant,
Celui d’être caressée,
Flattée, enfin soumise.
Dernier rempart qu’elle sait fragile.
Inquiétude permanente de la proie,
Derrière la braise du regard.

Tu la vois s’éloigner,
Tu te demandes si tu dois rentrer,
Et ce que tu dois garder,
Pour la nuit, comme image à rêver.
_________________
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MessageSujet: Re: Le Recueil de Pascal9   Jeu 4 Nov 2004 - 11:47

La flandre est la région qui est défini par la plaine et les monts (petits...) situés au Nord de la France et au Sud de la belgique de Lille à la Mer du Nord.
C'est une terre mystérieuse pleine de légendes et de personnages aux idées saugrenues, je prépare un petit article sur ma belgitude que je livrerai dans les forums bientôt.
Terre de contrastes et de poésie, pays des carnavals et de la fantaisie et aussi terre meurtrie par les conflits et les champs de bataille.
Brel a chanté les plaines de flandre (Le plat pays), un poète Wallon et francophone (résidant souvent au Canada) Julos Beaucarne incarne la fantaisie de ces régions... Et tant d'autres Hugo Claus (Le chagrin des Belges...) les peintres, les poètes, mais je m'arrête car sur la flandre, je suis intarissable... J'y reviendrai... J'habite près de Lille, ville jeune pleine de fêtes et de culture...
Ah oui, j'oubliai, la Flandre est le pays de la Bière (plus de 350 brasseries artisanales...) de quoi passer de longs hivers gris...
Bisous

Pascal
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La Patrie n’est qu’un campement dans le désert.
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Romane
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MessageSujet: Re: Le Recueil de Pascal9   Jeu 4 Nov 2004 - 13:30

Pascal a écrit:
mais je m'arrête car sur la flandre, je suis intarissable


Je l'avais déjà compris
Pour toi

Avec la mer du Nord pour dernier terrain vague
Et des vagues de dunes pour arrêter les vagues
Et de vagues rochers que les marées dépassent
Et qui ont à jamais le cœur à marée basse
Avec infiniment de brumes à venir
Avec le vent de l’est écoutez-le tenir
Le plat pays qui est le mien

Avec des cathédrales pour uniques montagnes
Et de noirs clochers comme mâts de cocagne
Où des diables en pierre décrochent les nuages
Avec le fil des jours pour unique voyage
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir
Avec le vent d’ouest écoutes-le vouloir
Le plat pays qui est le mien

Avec un ciel si bas qu’un canal s’est perdu
Avec un ciel si bas qu’il fait l’humilité
Avec un ciel si gris qu’un canal s’est pendu
Avec un ciel si gris qu’il faut lui pardonner
Avec le vent du nord qui vient s’écarteler
Avec le vent du nord écoutez-le craquer
Le plat pays qui est le mien

Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut
Avec Frida la Blonde quand elle devient Margot
Quand les fils de novembre nous reviennent en mai
Quand la plaine est fumante et tremble sous juillet
Quand le vent est au rire quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien.

Jacques Brel
_________________
"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html


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Le Recueil de Pascal9

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