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 Le Recueil de RomaneVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Romane
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MessageSujet: Le Recueil de Romane   Dim 5 Sep - 11:01

"Les funambules"

Ils passent
Ils s’embrassent
Ils s’enlacent
Et se lassent

Entre leurs draps de soie qu’elles froissent
Les ombres ont le cœur qui se casse
Quand de leurs doigts elles caressent
Ce fantôme qui près d’elles tremble
Et pitoyables ils se ressemblent
Unis dans la même détresse

Sous l’écho blafard de leurs cris
Elles ont les ombres de l’oubli
Fait de l’Amour un long silence
Et dans leurs cernes violacées
On lit après les nuits glacées
Comme un désert d’indifférence

Au fil tendu entre deux âges
Elles ont les ombres de passage
Furtivement séché leurs larmes
Et d’un revers de leurs mains vides
Elles cachent leurs yeux translucides
Car trop de clarté les désarme

Les funambules du temps qui passe
Ont perdu le rêve fugace
Que murmurait l’aube première
Ils glissent sans laisser de trace
Quand le vertige les menace
Ils n’ont qu’un vide pour civière


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Romane
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MessageSujet: Le vieux qui lisait son journal sur un banc   Mar 7 Sep - 17:44

Il pleuvait.
Il pleuvait sur le square.
Le ciel déversait son oubli sur le square.
Le vieux, assis sur un banc, lisait son journal.
Il pleuvait.
C’était un banc sans couleur.
Comme le ciel.
Comme le ciel qui pleuvait son oubli.
C’était un banc oublié dans le square.
Le vieux l’avait trouvé par hasard.
Et le vieux lisait son journal sur le banc sans couleur.
Sur le vieux banc.
Aussi vieux que le vieux qui lisait.
Le ciel déversait son oubli sur le vieux.
Le ciel pleuvait sur le banc.
Le ciel pleurait sa blessure sur le journal.
Le journal buvait les larmes du ciel.
Et le vieux lisait le journal.
Le vieux.
Assis sur un banc sans couleur.
Assis sous le ciel triste.
Le vieux lisait et le journal dégoulinait.
Le vieux aussi, dégoulinait sur son banc.
Il dégoulinait des cheveux, du vieux pardessus.
Il dégoulinait de son pantalon froid.
Il dégoulinait de ses chaussures noyées.
Le journal s’affaissait lentement.
Le banc continuait à être un banc sans couleur.
Le ciel continuait à pisser son chagrin.
Et le vieux lisait des mots qu’il ne comprenait pas.
Le vieux aux cheveux gris.
A la moustache grise.
Aux yeux gris.
Sous un ciel sans couleur.
Sur un banc oublié.
Le vieux lisait son journal sur un banc.
Tout comme ça.
Et c’est tout.

Romane
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Romane
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MessageSujet: PlurielS   Mer 8 Sep - 0:20

PLURIELS

C’est l’océan furieux d’un Amour pluriels.
D’un Amour pluriels avec un S.
C’est l’océan furieux d’un Amour pluriels, qui déploie les plis de sa robe gourmande.
Sa robe gourmande aux plis ourlés de pluriels, a mordu les touches blanches.
A mordu les touches blanches du piano.
Piano du musicien.
Lui, lui dans sa mémoire.
Naguère, il avait goûté, lui, le musicien, la saveur de l’unique, sans concessions, sans hésitation.
Il avait goûté.
C’est parce qu’il a goûté, qu’il est devenu musicien.
Blanches et noires, sur son piano.
Blanches et noires et entre elles, toutes les autres. Autant d’autres couleurs que ce que la musique peut inventer.
Couleurs plurielles. Musique sans commencement ni fin.
La robe gourmande de l’océan furieux d’un Amour pluriels, a mordu les blanches du piano.
Le musicien tenait sous ses doigts toutes les couleurs.
L’océan n’est plus gris-bleu-vert.
L’océan d’un Amour pluriels a volé les couleurs du musicien.
L’océan furieux d’un Amour pluriels a peint sa robe gourmande de toutes les couleurs que la musique peut inventer.
Il a laissé les noires.
Noires. Sous les doigts du musicien.
Les Amours plurielles portent des robes du soir aux longues traînes noires, derrière elles.
Sillage des mensonges, des erreurs, des questions, des suppliques, des cris et des silences. Sillage des détresses.
Un Amour pluriels, en raflant les couleurs d’un musicien, a pris le goût de l’amertume.
Amertume.
Un Amour pluriels, pluriels avec un S.
Un Amour pluriels n’a laissé que les noires, sous les doigts du pianiste.
Noires. Aussi noires qu’UN singulier.

Juin 2004 Romane
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Romane
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MessageSujet: lilas   Mer 8 Sep - 3:23

Habillée de sommeil
en me glissant dehors
sous un frêle soleil
j'étirerai mon corps
et dans le grand jardin
j'allongerai le bras
pour cueillir de la main
la branche de lilas
sur l'arbre tout fleuri
et puis je reviendrai
tout doucement sans bruit
je te regarderai
et mon premier baiser
sera le lilas blanc
posé sur l'oreiller
témoin de nos vingt ans...
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Romane
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MessageSujet: Qui se souvient des hommes   Mer 8 Sep - 13:32

Qui se souvient des hommes…


C’était au bout du bout du monde
En ces temps reculés presque oubliés
Entre deux océans à l’humeur coléreuse
Qu’un Dieu irritait de ses larmes gelées
Par-dessus le ciel triste et bas

C’était dans le dédale hostile et noir
Des îles inconnues aux noms sans pardon
Aux arbres pourrissants sur un linceul verdâtre
Entre fracas de glace et plaintes de vent froid
Sous la brume hypocrite d’un hiver infini

C’était sous l’orage aux grondements d’effroi
Aux brusques déchirures acérées métalliques
Entre l’écho de grêle le masque des fantômes
Ces maîtres des ténèbres aux menaces sournoises
Qui hurlaient à la mort sur les berges glissantes

C’était là…

Et cette poignée d’hommes dépeçant la baleine
Faisaient durer encore leur maigre survivance
Guettant de leur regard les sombres maléfices
Qu’une divinité se plaisait à prédire
De sa toute puissance en scellant leur destin

Dans la désolation des longues nuits
Laissant planer sur eux la sourde solitude
Ils veillaient patiemment les braises rougeoyantes
En réveillant les mots de leurs ancêtres
Pour prolonger l’immuable mémoire

Ils tenaient dans leur ventre la terreur
De laisser l’un d’entre eux déjà mort
Avec des coquillages en fragiles remparts
Sur une île maudite désormais interdite
Hantée par son esprit livré à l’inconnu

Ils savaient chercher le réconfort
Entre les cuisses chaudes et le ventre accueillant
De leurs femmes aux seins cernés de blanc
Si de ces gestes simples pouvait naître la vie
L’enfant repousserait peut-être leur agonie

Dieu les avait oubliés en terre abandonnée
Ils n’avaient pas un mot pour dire le bonheur
Ils s’épuisaient déjà mais ne le savaient pas
Pourtant de leur gorge nue jaillissait
Le Chant du Monde…


En mémoire aux indiens de la Patagonie, chassés et tués un à un par ceux qui se disent "civilisés".
J'ai emprunté le titre à Jean Raspail qui écrivit un très beau livre "Qui se souvient des hommes"


Dernière édition par le Lun 2 Mai - 20:54, édité 2 fois
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Romane
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MessageSujet: Les mots que je n'ose pas dire   Mer 8 Sep - 13:48

Les mots que je n’ose pas dire


Tumulte silencieux les barbelés de marbre
Ont lacéré l’ivresse éperdue de la tendre jeunesse
Je n’étais qu’un désert aux longues dunes blanches
Sous le soleil glacial au ciel d’un autre temps
Inutile

De l’alphabet d’Amour pas un mot pas un son
Que pouvais-je inventer allongée sur ma terre
Telle une vieille souche aux ombres lunaires
Et pourquoi murmurer si l’on ne sait pour qui
Mains nues

A ces aventuriers caressant le bois mort
Pour l’album souvenir des maîtresses d’antan
J’ai dit ce qu’ils voulaient j’ai fait ce qu’ils ont pris
Ils ont enseveli sous le ciel du couchant
Les mots

Mots…

Vous que ma bouche tait dans la désespérance

Vous dont je sais le fardeau amoureux
Capable en ruisselant de verdir un désert
Vous que plus rien n’arrête aujourd’hui de jaillir
Mots Mystère libérateurs des gestes primitifs

Mots flambeaux ravageurs de sagesse et d’oubli
Vous enserrez dans votre déraison
La houle indomptable et rebelle
D’une captive consentante

Mots pluie d’abondance sur le lac épuisant du silence
En effeuillant des poignets aux chevilles
Vous dévalez gravement dans mes veines
Les sillons d’un long fleuve sans nom

Faut-il vous dire ou bien vous taire

Mots sauvages à l’indicible étreinte
Vous qui avez mille ans une heure seulement
Mots rares exquis délicieux
Je ne peux vous graver autrement
Que corps sur corps peau contre peau
Dans l’abandon qui ne délaisse pas mais retient
Entre deux âmes l’essentiel

Mots de la Création impudiques et brûlants
Vous qui faites l’Amour à celui que j’attends
Vous êtes de ceux qu’on ne dit qu’une fois

Esquif entre mes doigts protégé
Dis que feras-tu de ces mots inédits

Je les retiens encore à peine un peu
Ces mots qui te sont destinés
Toi que j’aime entre mes doigts bercé

J’ai si peur de ne pas entendre les mêmes en retour…
Qu’ils sont les mots que je n’ose pas dire…


Septembre 2003 - Romane
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Romane
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MessageSujet: La danse macabre   Jeu 9 Sep - 17:28

La danse macabre


L’Amour se déshabilla
Sans se presser,
Sous le regard avide
Du désir impatient.

Au sol, tombèrent
Un à un
Le cœur d’une rose
Et le rose des joues,
Les tendres mots d’un poème,
Son ruban comme un lien,
La promesse, l’attente,
Les battements sous le sein,
L’aube du jour
Et même celle de la nuit,
Bref… tous ses atours.

Quand l’Amour fut nu,
Nu comme un ver
Sans Amour,
Nu, simplement,
Il ne resta plus
Qu’un squelette tout blanc.

Alors, le désir impatient,
Dans sa danse macabre
A l’étreinte perverse,
Pleura son désespoir
Comme on pleure ses morts.

Septembre 2001
Romane
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Romane
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MessageSujet: Ultime étoile   Jeu 9 Sep - 17:35

Ultime Etoile

Digne dune au dos de Lune sur fond de ventre noir,
Blanches mitaines sur doigts d’éther aux ongles de poussière,
Cœur du conte que raconte mille fois l’année-lumière
Enluminure sur nos rêves de trêves amoureuses,
Eclat de larme sans vacarme, sans chagrin, sans refrain,
Suspendue à la peau d’en-haut imperturbable, insondable,
Inspiration du big,
Expiration du bang,
Souffle retenu de notre contemplation…


Septembre 2003
Romane
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Romane
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MessageSujet: Quand viendra la sagesse des tristes   Jeu 9 Sep - 18:12

Quand viendra la sagesse des tristes…

Quand il aura brûlé,
Le feu,
Mes colliers d’encre noire
Sur parchemin de cendres

Quand il aura sonné,
Le glas,
L’agonie de mes rêves
Aux couleurs inventées

Quand il aura perdu,
Le sage,
La source de mes rires
Intrépides et vivaces

Quand il aura fait taire,
Le grave,
Ma fantaisie joyeuse
Aux pétillants refrains,
Intimant d’un doigt blanc
L’ordre avant toute chose,


"Quand je serai ton ombre,
Utile et raisonnable,
Réprimant sans faux-pas
Tous ces plaisirs futiles,

Dis, m’aimeras-tu enfin ?"

Romane - Décembre 2003
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Romane
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MessageSujet: Raconte moi le bois d'une plage   Jeu 9 Sep - 18:30

Raconte moi le bois d’une plage

Abandonnée sous le couchant
J’ai tenté, à tire d’eau,
D’effleurer le rayon vert…

C’est le promeneur d’un soir
Qui, de son iris, me l’a donné…

*****

Comme un radeau frotté au sel
Sous les doigts inlassables d’une vague,
Il implorait le ciel
Pour se confondre aux goélands.

… Et l’homme rêve de vol inassouvi
D’un corps de bois créa l’oiseau…

*****

Frêle esquif passe-marée
D’un océan d’éternité
Echoué sur la plage d’oubli,
Que serais-je si ta main amie
Ne m’avait pas cueilli ?

*****

De mon corps de bois mort
Sous l’aube salée,
Il me fallait vibrer encore
Entre tes doigts, serré
Comme un trésor…

*****

Fantôme de forêt disparue,
Ni algue, ni sable, ni embruns,
Ni fil de l’horizon là-bas,
Ni plume d’oiseau au ventre gris,
Ni craquement du bateau,
Ni grondement d’un océan puissant…

Juste une branche amoureuse
De l’artiste qui viendra la voler…

*****

Brisé, dénudé, vidé de sa substance,
Roulé, noyé, submergé, dans l’errance,
Orphelin de sa terre,
Voyageur de l’oubli,
En mourant sur la plage,
Il n’eut pas même un craquement.

Alors la main de Dieu
Le choisit…

*****

Attentif et docile
Entre crêtes et creux
J’attendais un signe
De la Dame Bleue
Et sa baguette de glycine
M’a donné
De Pinocchio… son nez !

*****

Sans rame ni boussole
Je trouverai la main
De l’homme solitaire.
Nous serons deux sur son chemin :
Lui et son bâton de Pèlerin.

Septembre 2003 - Romane
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Romane
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MessageSujet: Pourquoi déjà   Lun 27 Sep - 22:04

POURQUOI DEJA…

C’était une marelle, un gâteau, des bonbons,
L’orage terrifiant, le genou couronné,
Un fou rire pour rien, le lait du déjeuner,
Les images d’un livre, un coucou, des chardons…

C’était sur le papier des dessins au crayon,
La messe le dimanche et les souliers cirés,
Les noisettes sous l’arbre, un placard exploré,
Les trottoirs de Paris criant “ Chauds, les marrons ! ”…

C’était la coccinelle, une flaque, un gros rhume,
Une chanson, des craies, les cachettes, une plume,
Un secret, des trésors, l’interdit si tentant…

C’était sous le soleil, le maïs des vacances,
Et Maman, si câline, au sein réconfortant…
Pourquoi m’as-tu quittée, toi, douceur de l’enfance ?

Romane
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José Cha
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MessageSujet: Re: Le Recueil de Romane   Lun 27 Sep - 22:47

Beau sonnet qui chante l'enfance et qui se termine par une interrogation :

Pourquoi m’as-tu quittée, toi, douceur de l’enfance ?

José
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Romane
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MessageSujet: Re: Le Recueil de Romane   Lun 27 Sep - 23:12

José Chanly a écrit:
Pourquoi m’as-tu quittée, toi, douceur de l’enfance ?


Je murmure aux enfants de garder ce trésor Wink toute leur vie en eux, même s'ils grandissent tous les jours un peu...
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Romane
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MessageSujet: L'enfance assassinée   Mar 28 Sep - 11:11

L’ENFANCE ASSASSINEE

Un, deux, trois : soleil !
Une balançoire et deux crapauds bleus
Enfilent des perles aussitôt qu’il pleut…
Un gendarme arrive en poussant un car
Et moi je mange un très gros malabar !
Un, deux, trois : soleil !
Je tape du pied, je creuse la terre
Et les gens d’en bas, la tête à l’envers,
Se réveilleront sans savoir pourquoi ;
Ils se lèveront, à cause de moi !
Un, deux, trois : soleil !
Tout couvert de plumes, un chat vert, magique
Apprend maintenant ses mathématiques
Et s’il a tout bon et s’il est bien sage,
Maîtresse dira “ Voilà une image ”…
Un, deux, trois : soleil !
Ça c’est ma chanson, c’est la plus jolie.
Je la chanterai ce soir dans mon lit !
Quand je serai grande un prince charmant
Viendra pour moi sur un tapis volant !
Un, deux, trois : soleil !

“ Tu es grande à présent. Viens, je dois te parler…
Nous t’aimons très très fort… Mais la vie va changer… ”

C’est peut-être un divorce, un départ, une mort,
Ne pas pouvoir guérir, ou autre chose encore…
Quelle que soit la raison, son enfance s’enfuit.
Son cœur aux barbelés, se déchire sans bruit.

Il y aura plus tard, les minutes trompeuses,
Habillées de ses rires et de chansons heureuses.
Mais ne vous y fiez pas ; reste l’éclaboussure
Sournoise, indélébile, en cruelle blessure…

Romane
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José Cha
Invité




MessageSujet: Re: Le Recueil de Romane   Mar 28 Sep - 11:26

Très beau quatrain :

C’est peut-être un divorce, un départ, une mort,
Ne pas pouvoir guérir, ou autre chose encore…
Quelle que soit la raison, son enfance s’enfuit.
Son cœur aux barbelés, se déchire sans bruit.

Bravo, Romane!

José
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