C'est très beau
Aragon reflue vos lèvres
Aragon l'improbable
impatient d'être et de n'être pas
" le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard "
' Qui peut dire où la mémoire commence
Qui peut dire où le temps présent finit
Où le passé rejoindra la romance
Où le malheur n'est qu'un papier jauni "
--> Que l’avenir me pardonne
D’être toujours un train de retard
J’habite en deçà du présent
Pour y être j’ai besoin de temps ( et voilà vos veines aux siennes tresseés , et votre
gorge sur la sienne pour que son coeur y retrouve son rythme )
" Tout est affaire de décor
Changer de lit changer de corps
A quoi bon puisque c'est encore
Moi qui moi-même me trahis
Moi qui me traîne et m'éparpille
Et mon ombre se déshabille
Dans les bras semblables des filles
Où j'ai cru trouver un pays "
--> "Et si la vie n’est que travers que l’on traverse au bras de pairs
Tout en cherchant à s’arrimer quitter la terre pied reposé
L’autre, où cette voie de découverte
Qui fait qu’au bout l’on devient soi"
" Et je te porte en moi comme un oiseau blessé "
" c'est en elle que je porte ma croix "
--> Habitée par tous ceux que j’aime
Fidèle, je porte aussi en moi
Ceux que la mort croit retenir
je retrouve ici, ce coeur ouvert a double battant, cette grange où la paille humaine abonde
et se mêle
et que jaime à croire que son " Roman inachevé " s'achève un peu dans votre bouche " , et que j'ecoute avec vous " ce que dit sa bouche " , et qu'il ne soit pas " comme une étoile au fond d'un trou . " ! qu'on rallonge un peu sa marche et son souffle de quinze pas en y mettant le notre , et qu'on aille voir un peu jusqu'ou le chant dans la gorge peut descendre .
Lui qui eût tant aimé que tout au monde soit poésie, et réalisé le souhait d'Holderin (" vivre poétiquement" )
ps: je n'ai pas choisi ces vers d'Aragon, parmi tant d'autres, au hasard de son oeuvre . C'est bien ceux là précisément que les vôtres ont halés au bord de ma mémoire.
je me suis longtemps penché sur vos vers, et j'y ai trouvé une possible contemplation. J'avoue être surpris quand je me trouve nez a nez avec une quelconque forme de beauté sur le net ; quelque chose qui ne ressemble pas à une fausse couche.
En voyant ce prénom, valérie, j'entend la trépidation du train et du coeur enfantin de Valéry Larbaud , j'entends aussi la vois envolée, etherée, quasi blanche ( juste au dessous de Mallarmé, décidément exilé ds les nues ) , de Paul Valery et c'est pourtant bien Aragon, miré ds chacune de ces 7 lettres ... Aragon qu'on chantera malgré , Aragon mouvement a perpétuité , comme un errance sur nos levres.
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"Quand tu aimes, il faut partir. Ne larmoie pas. Ne te niche pas entre deux seins. Respire, marche et va-t'en." ( Cendrars )