Merci beaucoup pour tes mots Didier et ton point de vue précis qui me permet d'avoir un regard juste sur ce texte.

J'avais mis ce texte dans les nouvelles, mais je trouve qu'il a plus sa place ici.
Dans l'Antre du Jour Mort
Il faut rentrer….
Il faut serrer son bout de cœur chiffonné contre son pull et rentrer. Rentrer dans ce musée abandonné, dans ce mausolée, dans ce pays d’autrefois.
La façade lugubre renvoie des faisceaux de souvenirs…6,5,4,3,2,1,….0 kaléidoscope première : une petite fille roule à vélo dans la cour , elle a les genoux écorchés et rit.
Je rentre.
Ombres lumières ; scène un : le rideau lourd de la grande porte en chêne sent la poussière. On plonge ensemble ; le fantôme et moi.
Les fils des souvenirs s’attachent aux toiles d’araignées, épaisses et longues ; elles pendent du plafond, des couloirs, du lit à baldaquin….Les couleurs sont ternes, le soleil d’automne évite les murs et j’entends sa voix inaudible
[ Tourne les pages du grand livre d’hier , tourne, tourne !]
On dirait un vent qui ne décoiffe pas, un vent froid qui fait frissonner sans laisser de trace.
Le tourne disque fait des ronds sur un vieux morceau de blues….Il cherche sa renaissance mais ne la trouve pas.
Tout ici ressemble à un arbre mort au milieu d’un pré que personne ne veut couper. Il fait peur aux oiseaux, peur aux enfants, peur aux fermiers. Il est là, penché sur lui-même attendant de tomber. Lugubre, il pleure sans larmes ses bras frêles et secs dressés vers le ciel. Il me ressemble.
Le temps s’est suspendu, le temps a attrapé les miettes de vies qui errent en ces murs. Il a figé ce qu’il restait de moi. Un seul pas du haut de cette mezzanine plombant le séjour cathédrale et le film serait fini. Mais une âme a besoin de moi, je me tiens à la poutre, je fais de la fumée avec mes soupirs tellement l’ambiance est glaciale.
La table est dressée pour cinq, il n’y aura personne à table. Il n’y a jamais eu personne à cette table et pourtant …
Quelques bougies dansent, leurs flammes tentent de s’élever pour gagner un peu de lumière.
Elles ont juste gagné quelques larmes perdues qui sècheront sans mouchoir de tendresse.
Clap de fin : La lourde porte en chêne se ferme.
La scène est vide et la salle aussi. Un spectateur au fond de la cour regarde une clé posée dans sa paume. Il la serre comme pour la briser puis la dépose doucement dans le fond de sa poche.
[Il est temps de partir et de ne jamais, jamais, revenir]
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«Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»A .Einstein
"Mieux vaut faire semblant d'être con et avoir la paix que de faire semblant d'avoir la paix et être con." Novocaïne