CODES BARRESNous accrochions des fils de laine aux portes cochères pour apporter le petit rien, le petit plus, celui qui déclenche les sourires les moins amers, et révèle éphémère la joie fugace des coeurs.
Nos yeux rêveurs étaient seuls à s'élever vraiment, pourtant nous étions les seuls à croire y croire, et là était tout le paradoxe.
Nos vague-à-l'âme faisaient tâche à doux-rêver, sous les étendards sophistiqués du dimanche.
A croire que nous n'étions pas de bons citoyens, d'honnêtes utopistes, des nés de la dernière pluie de haine.
Nos codes barres restaient désespérément parallèles, traçant les chemins balisés à l'avance de nos destins illusoires à sens unique.
Nous n'entendions pas vraiment ceux qui parlent fort, ceux qui parlent vite, nous préférions observer leurs rares silences, même s'ils l'empruntaient, ou encore le marchandaient à prix fort.
Jamais nous n'oubliions notre cachet d'assurance et de cynisme pour sonner juste dans la foire aux masques, et leur poudre magique qui se jette aux yeux des chiens, dans ce monde où les borgnes sont rois.
Leurs intentions sont claires mais entachées de vase raffinée et communiquante.
Dans les cités fières et cancéreuses, seuls quelques oiseaux osaient encore survoler les porte-drapeaux et les feux rouges, allumés par les lois des incendiaires se disputant la première place au centre de la toile, croyant tous naïvement qu'elle était ignifugée.
Leurs prismes d'illusions relevaient d'un façonnage séculaire contre lequel seuls les coeurs vierges de cristal peuvent lutter, avec tant de fraîcheur que la lutte n'est même pas un dessein.
Car heureux les simples d'esprit, et maudits soient les témoins circonspects ne tressant pas des bas de laine, mais des chants d'utopie.