Même le vent est silencieuxUn doigt en l'air, vers les oiseaux
Que tu regardes s'envoler
Et dans ta bouche, à demi-mots,
Les mots qu'on dit pour pas pleurer.
Le jour s'en va, le jour descend
Sur cette mer recommencée
Et tu te plantes droit devant
Le lent retour de la marée.
Depuis le port où tu attends
T'as vu partir tant de bateaux
Que tu sais plus lequel tu prends
Une frégate ou un radeau.
Ils sont nombreux qui sont venus
La voir partir, lui dire adieu,
Tu les connais, ils se sont tus,
Même le vent est silencieux.
Comme à l'enfant qui doit partir
On donne un peu, jamais assez,
Tu as pesé tes souvenirs
Et lui as dit "voyage en paix".
Tu restes là sans plus bouger
Comme une plante dans son pot
Qui se languit, se voit faner,
Se voit mourir dans si peu d'eau.
C'est le moment, la mer referme
Le trou où tu l'as déposée.
Comme un caillou qu'on met en germe
Tu joins tes larmes à la marée.
Nilo.
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"... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche" Léo Ferré, La vie d'artiste.