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 Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent

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Nilo



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MessageSujet: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 10 Mai 2008 - 12:29

Un fil à mon nom.
Il n'y a plus qu'à...



Nilo, alchimie du désert.

Message admin :
Reprise du fil qu'avait ouvert Bloody
http://liensutiles.forumactif.com/vos-recueils-de-poesie-f135/nilo-t14637.htm
qui désormais se poursuivra ici.


Les âmes Pénélope


Le désert coule au fond
Des fosses de l'oubli.

Le sable qui se pare
Des reflets du silence
Dépose des diadèmes
Aux pierres d'impatience
Comme grains de beauté
Au front des Amazones.

Les princesses Atlantide
Chevauchent des licornes
Evadées des légendes
Où les ont tant tenues
Les âmes Pénélope
Compagnes du hasard.

Quand les larmes muettes
Creusent des rides feintes
De leurs lèvres s'échappent
Les mots réinventés
Qui disent tout l'ennui
Des sirènes qui chantent
Pour oublier l'oubli.


Nilo.

* * *

Les saisons de ton absence


Je te dirai les soirs d'été
Sur la plage, quand la mer glisse,
Et les minuits de mi-juillet
Aux étincelles d'artifices.

Je te dirai les équinoxes
Aux noirs septembre se couchant.
Début d'automne paradoxe
De la marée et puis du vent.

Je te dirai tous les Noëls
De crèche tendre en sapins verts,
Tous ces décembre qui rappellent
Les matins blancs de nos hivers.

Je te dirai les courses folles,
Après les filles, après les chiens.
Les mois d'avril de pas d'école
De mes congés de collégien.

Je te dirai dans le levant,
A la lueur des aubes grises,
Les mots que me dira le vent,
Ceux de mes leçons mal apprises.

Je te dirai, quand tu viendras,
Les souvenirs de ton enfance,
Les traces où tu mettais tes pas,
Et les saisons de ton absence.


Nilo.

* * *

Un pinceau arcencielle des souvenirs jaunis…


Les cris tombent de haut,
Lourds comme des pierres,
Et s’écrasent sans bruit
Au plancher des soupirs.
Le temps qui les étouffe
Efface les regrets
En absorbant les rêves
Au buvard du silence.

Les pavés sont gravés
De coquilles d’absence
Dessinant des chemins
Semés de feuilles mortes.
Les arbres qui les bordent
Ont la lourdeur des chênes
Qui cachent sur le sol
Les ombres des caveaux.

Les regards qui s’embuent
Dans des rideaux de pluie
Jettent sur le passé
Le manteau de l’oubli.
Les miroirs leur renvoient
Des horizons vieillis
Qui taguent sur le ciel
Des flèches cathédrales.

Et sur les feuillets gris
D’un carnet d’aquarelle
Un pinceau arcencielle
Des souvenirs jaunis…


Nilo.

* * *

Mais le feu est éteint au lac de tes yeux pourpres


Et les lunes s'éclipsent
Aux anneaux de Saturne
Quand le temps s'effiloche
Aux chandelles gourmandes.

Et les astres rougissent
A l'horizon de Mars
Dans le vent qui s'enrhume
Aux bises passagères
De ces arbres blanchis
Des rigueurs de l'hiver.

Et les larmes givrées
Aux rides silicone
Des matins gris qui glissent
En aubes délétères
Se perdent aux sillons
Gravés sur les visages
Des passants répandus
Dans les ombres blafardes.

C'est un soir oublié
Au bar vide d'hôtesses
Quand le champagne tiède
Des étés liquoreux
Fond la glace posée
Aux cols blancs des carafes.

C'est l'heure de l'ennui
Aux terrasses livides
Epanchant sous la Lune
Les soupirs sérénade
Des nuits de satin blanc
Dans les rêves noircis
De Hell's Angels zélés
Partant à la poursuite
Des femmes de L.A.

Mais le feu est éteint
Au lac des ses yeux pourpres
Profond comme l'abîme
Où s'égarent ses mots
Avant que ne se noient
Dans des draps de soie noire
Les oublis transparents
Qui l'agitaient parfois
Dans un hôtel glacé
Isolé très au nord
De la Californie.

Il n'a rien oublié.
Ni sa mémoire éteinte,
Ni la mer en allée.

Nilo.

* * *

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche" Léo Ferré, La vie d'artiste.
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Romane
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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 10 Mai 2008 - 12:33

Le temps s'égare un peu sur le fil du rasoir


Quand les rêves s'éteignent aux soirs de fin d'enfance,
Que naissent sous les braises avivées les rancœurs
Des souvenirs défaits des vieux chevaux de bois,
Des indiens, des voleurs, des gendarmes narquois.
De nos jeux de gamins l'insouciante terreur
Se mue sournoisement en sombre adolescence.

Quand les pâles émois des cœurs de dix sept ans
Transforment les passades en des passions douteuses
De sexes qui s'affrontent apprenant les caresses
Du bout du bout des doigts comme première ivresse.
Que se terminent enfin les joutes malheureuses.
Le temps se perd souvent à vouloir être grand.

Quand le temps des discours se fait trop prophétique
Dans les arrières sales aux odeurs de grand soir,
Que les mots se mélangent à la mousse fragile
Des pintes avalées aux heures indociles.
Alors le rouge vient au mat du drapeau noir
Et Bakounine meurt dans les flots sémantiques.

Quand la fureur de vivre arpente les trottoirs,
Que l'homme se découvre à préférer les blondes,
Vivant sur un écran ses rêves de grandeur,
Comme un Chaplin abstrait tuerait Le Dictateur.
Que le temps paraît long à refaire le monde
Lorsqu'on s'écarte trop des sentiers de la gloire.

Quand l'absence est le prix éperdu de l'espoir
Et qu'il devient urgent de crier de douleur
Pour taire l'infarctus qui se fait menaçant
Dans les nuits sans sommeil où tournent les tourments.
Accroché sur les lames de l'esprit et du cœur
Le temps s'égare un peu sur le fil du rasoir.

Quand les heures passées ont déroulé des ans,
Que les enfants s'en vont au devant de leurs rêves.
Ceux qu'on a vu s'éteindre aux soirs de fin d'enfance
Reprennent des couleurs aux braises d'espérance
Qui raniment les corps allongés sur la grève
Quand la mémoire meurt comme mer au jusant.


Nilo.

* * *

Enviable lassitude


Des minutes,
Clouées au pilori du temps,
Prennent des poses
D'éternité.

Un caillot s'est formé
Dans les veines du marbre
Où s'écoulent les siècles.

Des poussières se fanent
Aux parchemins
Des manuscrits d'Euclide.
Leurs secrets se cachent
Aux enfers tutélaires
De bibliothèques englouties
Où vont les débusquer
Les apprentis sorciers
De la mémoire
Des étoiles.

Les galaxies leur disent
L'enfance du big-bang.

Dans l'œil lenticulaire
D'un télescope froid
Qui remonte le temps
Des secondes patinent
Leurs ondes funambules
Au vide sidéral, infini, vectoriel,
De cet univers plat.

La statue du Commandeur
Pleure son insolence.

Enviable lassitude !


Nilo.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 10 Mai 2008 - 12:34

Elle a les yeux de ceux dont les mots se sont tus


Si j'en avais le droit je vous parlerais d'Elle,
De ses yeux qui vous fixent en brillant sous le fard,
Dans le regard jeté dessous les cheveux noirs
Quand elle approche en glissant au bout du comptoir
Vers celui qui l'attend en lisant Eluard
Et lui dit doucement "Mon Dieu que tu es belle".

Elle dit si souvent le fond de ses passions
Dans les mots de récits qui sont ceux de la peine
Dans nos longs entretiens aux multiples arcanes
Sur le fond musical que lancine Dylan
Quand highway sixty-one enroule à perdre haleine
Tous les rêves perdus de sa génération.

Elle tait des sanglots que ne tuent pas les ans
En séchant de son ongle un coin de peau humide
Où passe un souvenir d'une fin de mois d'août
Qui l'a faite grandir au prix de tant de doutes,
Plus vite que prévu, dans ce monde insipide
En recherchant le goût de ses "mistral gagnant".

Elle a les yeux de ceux dont les mots se sont tus
Un matin de tristesse au sortir de l'enfance,
Quand la mer en montant écroula le château
Emportant avec elle et la pelle et le seau,
Noyant ses rêves fous accrochés au silence
Au fond de l'océan de ses espoirs déçus.

Il lui reste l'amour pour se faire une vie.
Elle espère toujours toucher l'inaccessible,
Allumer le flambeau qui éteindra ses peurs
Et viendra lui donner la force des vainqueurs
Qu'elle cherche sans fin dans les mots de la Bible
Ou ceux plus mystérieux des traités d'Alchimie.


Nilo.

* * *

L'acide des passions a fait fondre les chaînes


Aux souvenirs d'enfant de mes fêtes foraines
Les balancelles sont cabriolets de brume
Qu'en gestes lents je couvre à la rosée qui fume
Des aubes bleu de nuit où mes songes s'enchaînent.

Un manège dément a fait tourner mes peines
Au rythme lancinant de ces chevaux de bois
Qui me faisait, enfant, tenir au bout des doigts
Les rêves d'une vie étourdissante et vaine.

L'acide des passions a fait fondre les chaînes
Qui retenaient mon âme au cachot des envies,
Et je mise parfois dans des jeux interdits
Ce qui reste de l'or de mes amours anciennes.

Dans l'ombre des miroirs qui reflètent la haine
Je vois passer le temps à longueur de mémoire
Qui a fait ruisseler aux murs de mon histoire
Et souvenirs liquides et larmes incertaines.

Sur les parquets cirés de mes soirées mondaines
J'ai frémis des tangos, mes mains au dos de femmes
Qui posaient des piquants sur le chemin des dames,
Faisant rougir le sang qui bleuissait mes veines.

J'entends glisser un pas de créature hautaine
Qui pose sous les miens un tapis d'impatience
Lorsque sonne le glas de la dernière danse
A ce bal des damnés où la vie nous entraîne.


Nilo.

* * *

L'espace est un non lieu ouvert à tous les vents


L'espace est un non lieu,
Le temps une méprise.
Les mots sont suspendus
Aux lignes poésie.

Artaud le suicidé
A cru croiser Mozart
Dans le jardin public
Des Auspices de Beaune.

Les dédicaces meurent
En oraisons funèbres,
Lettres d'or sur un marbre
Gavé de solitude.

Le froid a des chaleurs
De veille ménopause
Dans la lumière feinte
A l'écran des nuits noires.

Quand revient le printemps
Il pleut des hirondelles
Sur les portées tendues
Des lignes sous tension.

Si les chants magnétiques
Libèrent des octaves
C'est aux parvis lustrés
Des salles de concert.

Et la pluie s'évapore
Aux toits de tuiles mortes
Qui crachent sur l'ardoise
Des pudeurs voltaïques.

L'enfer n'est plus pavé
De bonnes intentions
Aux plages à marée basse
Des îles Paradis.

Les âmes sont perdues
Dans les vers d'un Sophocle
Qui a le souffle court
Des noyés dans le Styx.

Il est trop tard pour dire
Les mots de l'incertain.
Déjà le temps revient
Des portes qui se ferment.

L'espace est un non lieu
Ouvert à tous les vents.


Nilo.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 10 Mai 2008 - 12:35

Quand se fait la pénombre au noir des rêves étanches


Confier au matin bleu les songes des nuits blanches
Où les mots en cascade empêchent le sommeil
De venir perdre pied au fond des lacs d'éveil
Quand se fait la pénombre au noir des rêves étanches.

De ces pensées nocturnes au retour du matin,
Quand le ciel se déverse en brumes vaporeuses,
Ne restent plus que mots mis en lignes nerveuses
Où se mirent les fonds de ces glaces sans tain.

Et si, passé l'ennui, se lève la stupeur,
A la seconde même où le soleil paraît
S'effacent du cahier les restes imparfaits
De ces espoirs déçus par le manque d'ardeur.

A l'heure d'amnésie où se perd la mémoire
Il ne reste en secours plus qu'à prendre la plume
Pour lisser la surface et effacer l'écume
Des nuits remémorées dans de savants grimoires.

Alors qu'il est grand temps de lever le couvercle
Les mots se télescopent et se font oraison,
Récités comme psaumes aux portes des prisons
Où sont tenus les rêves enfermés dans un cercle.

Et puis, lorsque revient celui des heures claires
Le jour se souvient mal du temps des utopies,
Des minutes frappées au burin de l'ennui.
La mémoire se perd au seuil des dictionnaires.


Nilo.

* * *

Quand le temps ricochait


Si tu savais
Le temps que j'ai passé
À dresser des chimères
Oubliant de laisser
Quelques traces de moi
Sur ta peau, dans tes yeux,
Mettant dans mes regards
Les souvenirs muets
De mes chagrins d'oubli
Qui laissaient sur ton cœur
Les blessures silences
De ces flèches lancées
Du haut des tours d'ivoire
Où je tenais cachées
Les envies de caresse
Qui me brûlaient les doigts
Aux jours de solitude
Quand même ton image
Venait à se brouiller
Sur le sable où la mer
Mareyait ma mémoire
Ne laissant que la trace
De l'ombre de tes pas
Qui racontait l'enfance
Des marées d'équinoxe
Avec les mots discrets
D'île était une fois
Aux rochers du Tridoux
Sur la balise en berne
Marquant l'endroit secret
Où tes rêves reposent
Malmenés par les vagues
Mouillant ton vague à l'âme
De l'écume des jours.


Si tu savais
Ce que sont mes déserts,
La brûlure des dunes,
Les Highway sixty-one
Revisités la nuit,
Les temps morts des histoires
Que je te racontais
Croyant chauffer ta vie
Quand je brûlais la mienne,
Les airs de Rock n' Roll
Qu'on chantait à tue-tête
Alors que les années
Se moquaient de la mort
Quand le temps ricochait
Sur tes rires d'enfant
Et qu'au fond de mes poches
Roulaient tous les cailloux
Ramassés sur la plage
Pour bâtir ton église
En haut de la montagne
Où nous irons, un jour,
Lorsque j'aurai tourné
Le dos à mes chimères
Qui glisseront leurs ombres
Sur les murs de lumière
Que tu décoreras
Des médailles clinquantes
Epinglées sur mon cœur
Après chaque victoire,
Après chaque défaite
Sur le chemin des dames
Qui ont croisé ma vie
M'empêchant de laisser
D'autres traces de moi…

Dans tes yeux.
Sur ton cœur…


Nilo.

* * *

La rue Dauphine ruisselle encore


Quelques grammes de bonheur
Dans un clin d’œil qui fait silence.

Deux ou trois mots d’amour,
Effleurés du bout des lèvres
Entr’aperçues dans un je t’aime,
A travers les vitres
De cette rame de métro.

Tu étais là
Parmi la foule
Dans le déluge des néons.

Je n’ai vu que le flou
De ces longs cils,
Ourlés du mascara frivole,
De ton regard qui s’éloignait.

Dehors le trottoir
Brillait de cette pluie d’automne.

La rue Dauphine ruisselle encore.
Et
Les reflets des lumières du Pont Neuf
Se sont noyés dans les flaques
De ton absence.


Nilo.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 10 Mai 2008 - 12:36

Tu poses doucement un souvenir soyeux


Tu entends tous les bruits que font les petits riens.
Tous ces morceaux de vie qui parlent du bonheur,
Les matins qui se glissent en dehors de tes draps,
Les aurores des jours qui te tendent les bras.

Tu mets de la distance entre moi et mes peurs
Comme on donne du mou à la laisse du chien.

Tu vois dans le malheur juste une ombre rétive
Venue raser les murs de la maison de verre
Où tu tiens enfermés les éclats de tes rires
Qui sonnent en écho au moindre de mes dires.

Tu me fais des colliers de perles éphémères
Quand je tire le fil d'une crainte furtive.

Tu sens flotter dans l'air la moindre des odeurs
Qui rappelle souvent un souvenir d'enfance,
Confiture de fraises ou bien chocolat chaud
Au fond du bol fumant sur le bord du fourneau.

Tu répands sur mes joues les subtiles fragrances
De ce parfum d'opium qui vient sécher mes pleurs.

Tu goûtes en fin gourmet les plaisirs de la vie,
Picorant ça et là les reliefs de festins
Où l'aigre-doux se mêle aux fureurs des piments
Qui coulent dans tes veines et rougissent ton sang.

Tu me verses toujours une goutte de vin
Dans le fond du calice où n'est plus que la lie.

Tu touches de tes doigts tous les grains de ma peau
Et laisses ton empreinte aux cernes de mes yeux
Pour effacer les creux qu'y a gravés le temps
En des gestes connus de toi uniquement.

Tu poses doucement un souvenir soyeux
Qui masque mes effrois et adoucit mes maux.


Nilo.

* * *

Les apnées du silence


Les oublis s’insinuent
Aux franges des tapis.

Débordant de ces verres
Aux alcools venimeux
Les émois dégoulinent
En braises d’étincelles
Dans les cris fossoyeurs
Des amants délaissés.

Les mots d’amour froissés,
Jetés aux pieds des murs
De la honte non bue,
Encombrent les recoins
Des mémoires d’étreintes
Où s’étendent, malsains,
Les souvenirs des jours
Et l’ombre de leurs nuits.

Et les lèvres se posent,
A défaut d’autres cibles,
Sur les bords ébréchés
Des coupes de l’ennui
Dont le goût d’aloès
Épuiserait l’envie
De cocktails de ciguë
Aux pointes de curare.

Et les plumes se trempent
Aux encres assassines.

C’est la vie qui s’endort
Sans que sonne le glas
Des longues heures mortes.

Puis les rêves reviennent
Dans le sommeil défait
Des apnées du silence.


Nilo.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Nilo



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Mar 13 Mai 2008 - 16:53

Merci Romane.

Nilo, flemmard de talent. mdr

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche" Léo Ferré, La vie d'artiste.
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almalo



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Mar 13 Mai 2008 - 17:23

Romane a écrit:

Quand le temps ricochait


Si tu savais
Le temps que j'ai passé
À dresser des chimères
Oubliant de laisser
Quelques traces de moi
Sur ta peau, dans tes yeux,
Mettant dans mes regards
Les souvenirs muets
De mes chagrins d'oubli
Qui laissaient sur ton cœur
Les blessures silences
De ces flèches lancées
Du haut des tours d'ivoire
Où je tenais cachées
Les envies de caresse
Qui me brûlaient les doigts
Aux jours de solitude
Quand même ton image
Venait à se brouiller
Sur le sable où la mer
Mareyait ma mémoire
Ne laissant que la trace
De l'ombre de tes pas
Qui racontait l'enfance
Des marées d'équinoxe
Avec les mots discrets
D'île était une fois
Aux rochers du Tridoux
Sur la balise en berne
Marquant l'endroit secret
Où tes rêves reposent
Malmenés par les vagues
Mouillant ton vague à l'âme
De l'écume des jours.


Si tu savais
Ce que sont mes déserts,
La brûlure des dunes,
Les Highway sixty-one
Revisités la nuit,
Les temps morts des histoires
Que je te racontais
Croyant chauffer ta vie
Quand je brûlais la mienne,
Les airs de Rock n' Roll
Qu'on chantait à tue-tête
Alors que les années
Se moquaient de la mort
Quand le temps ricochait
Sur tes rires d'enfant
Et qu'au fond de mes poches
Roulaient tous les cailloux
Ramassés sur la plage
Pour bâtir ton église
En haut de la montagne
Où nous irons, un jour,
Lorsque j'aurai tourné
Le dos à mes chimères
Qui glisseront leurs ombres
Sur les murs de lumière
Que tu décoreras
Des médailles clinquantes
Epinglées sur mon cœur
Après chaque victoire,
Après chaque défaite
Sur le chemin des dames
Qui ont croisé ma vie
M'empêchant de laisser
D'autres traces de moi…

Dans tes yeux.
Sur ton cœur…


Nilo.



Alors là...je suis scotchée. j'aime tous les textes ! Je les aime tous. Sans exception.
Je me flatte d'être également une flemmarde de première classe, aussi ne ferai-je aucun commentaire.
Juste que celui-là, ce texte-là, m'émeut au plus profond de moi. j'aurais aimé écrire ces mots, et je les vis, je les ressens, ils sont les miens.
Bravo Nilo, je suis fan. chinois

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n'arrive jamais.
Pierre Dac
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Nilo



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Jeu 15 Mai 2008 - 21:06

Merci Almalo.
Je te les aurais volontiers prêtés. mais ce sont les miens, ils ne supporteraient pas que je les abandonne.

Nilo, cigale et fourmi.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Nilo



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MessageSujet: Les croix pleurent des ombres   Jeu 15 Mai 2008 - 21:07

Les croix pleurent des ombres


Les croix pleurent des ombres
Aux contours engourdis,
Les arbres de Justice
Dressent leurs bois au ciel,
Les requiem se couchent
Aux pieds de l'organiste.
Et le temps tire encore
La corde de l'ennui.

Les urnes funéraires
Se vident de leurs cendres,
Les doutes des croyants
Arrosent le désert,
Les braises se rallument
Aux pieds des suppliciés.
Et le temps se retire
Au fond des sabliers.

Les forges font des clous
Aux portes des enfers,
Les rêves de grandeur
Rougissent les parquets,
Les cantiques s'entonnent
Au pied des auteliers.
Et le temps se balance
Du haut des tours de guet.

Les fusils sont faisceaux
Aux tranchées militaires,
Les drapeaux sont plantés
Au fronton de la peur,
Les armes tambourinent
Aux pieds des condamnés.
Et le temps fait la claque
Aux servants du canon.

Les fourches sont Caudines
Sur les champs de batailles,
Les malheurs aux vaincus
Égrènent des prières,
La musique se met
Au pied des clés de sol.
Et le temps se décline
Au pas décadencé.





Les oraisons funèbres
Abjurent des mensonges,
Le sang coule glacé
Au cœur des angineux,
La terre colle un peu
Aux pieds des en allés.
Et le temps se raccroche
Aux chaînes des goussets.

Les cimetières enfilent
Des perles de granit,
Les cyprès se désolent
En allées de silence,
Les promeneurs s'inclinent
Au pied des croix de guerre.
Et le temps meurt de froid
Sur les pierres tombales.


Nilo.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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BloodyMary
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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Jeu 15 Mai 2008 - 21:40

Le temps meurt de froid sur les pierres tombales...

Wow. Shocked

Tu as de ces formules des fois... "Les forges font des clous
Aux portes des enfers"

Enfin je prendrais le tout. Ne me l'emballe pas c'est pour déguster de suite drunken





Faim

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Ven 16 Mai 2008 - 7:45

o.O Shocked

C'est vraiment super j'adore ton style...
Merci
sunny
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Farouche



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Ven 16 Mai 2008 - 8:47

Bravo Nilo ! Certains vers m'ont fait frissonner... pourtant, moi, d'habitude, je suis très "classique" dans me goûts en poésie.
Mais là, c'est le chemin le plus direct des mots au coeur, sans passer par la case cerveau.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Le clin d'oeil des statues" vous attend.
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lucius



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Ven 16 Mai 2008 - 9:42

Chapeau, Nilo!
je raccroche mon stylo et je vais acheter une canne à pêche

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
C'est au pied du mur qu'on mange des merles

Mon roman : Les liaisons presque dangereuses, est disponible.
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Nilo



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 17 Mai 2008 - 11:18

Merci à vous quatre.

Lucius, garde ton stylo, l'écriture est un sport que l'on peut pratiquer au sec.

Farouche, tente quand même le pasage par la case cerveau. Tu verras on comprends mieux Ange

Nilo, à coeur et à cri.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"... Tu lui diras que je m'en fiche. Que je m'en fiche" Léo Ferré, La vie d'artiste.
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Farouche



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MessageSujet: Re: Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent   Sam 17 Mai 2008 - 12:24

Ah bon ? T'es sûr de ça ?
Pourquoi on ne me l'a pas dit avant ! Je me demandais tout le temps pourquoi j'avais la comprenette enrayée Gaga

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Recueil de Nilo - Faire de l'or avec le vent

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