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| Auteur | Message |
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Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: La Colo Mer 23 Nov 2005 - 18:21 | |
| Chapitre quinzième de « La Colo » que l’on peut lire chez http://www.20six.fr/henrilauteur
Deux notes de musique
Domi, deux notes de musique pour celle qui aime laisser courir ses doigts entre deux voyages dans les pays de folies et entre deux folies sur le corps des garçons. Domi vit simplement, de l'air du temps et du temps qu’il fait, aujourd'hui à Téhéran, demain à New York et souvent dans de grands lits où son corps s'arque sous mille plaisirs pareils et sans cesse renouvelés. Un jour elle est heureuse avec Charles, c'est un bon garçon. Un jour ce garçon est un peintre.
Domi est une charmante jeune personne, on ne sait pas bien son âge. Mais elle sera toujours une charmante jeune personne qui sera demain la faiblesse d'un mari, le bonheur d'un homme de tous les jours. Elle a la tête dans les étoiles. Elle a les pieds sur terre. Elle habite pour le moment au dernier étage d'un immeuble commercial, devenu atelier de peintre, il n'y a donc pas à craindre les commérages. D'ailleurs, les commérages roulent sur Domi comme les gouttes de la pluie s'écoulent de son Kaway. Domi estime que la qualité de peintre confère une sorte d'auréole romantique. Elle préfère le peintre à l'officier de Marine. Elle trouve que cela contrebalance harmonieusement son titre d'envoyée spéciale. Domi aime bien l'harmonie, bien que ses goûts soient parfois surprenants. Elle dit qu' " envoyée spéciale », ça fait plutôt putain de luxe. Elle prend grand soin de l'appartement et fait consciencieusement le ménage, quand elle est à Paris. Elle a ajouté quelques poupées de chiffons et des photos de ses reportages, apportées de son univers extrême et irréel.
S'est un peu diminué son goût immodéré pour les talons aiguilles et les minijupes qui lui faisaient un air un peu vulgaire. Restent le fard à joues et à paupières. Elle change la nuance de couleur de ses cheveux chaque semaine, pour la plus grande satisfaction d'Adriano, son coiffeur préféré. Elle se promène dans l'immeuble les seins à l'air, le plus souvent vêtue d'un petit cache-bouillon de rien du tout.
Tout bien réfléchi, vivre avec elle est une belle expérience. Elle est tentée de croire qu'en vivant avec un peintre, elle aura appris beaucoup de la vie, surtout que ce peintre est aussi agent des services spéciaux d'une organisation (gouvernementale ?) dont elle voudrait parler dans un prochain reportage. En réalité, la vie, elle sait fort bien ce que c'est, elle qui la mange à pleines dents. Parce que, Domi, longues jambes et petits seins, Domi, maquillée comme une publicité de Harriet Hubbard, Domi est une journaliste moderne, consciencieuse, performante... Elle n'a pas peur d'être sur l'événement... et l'événement, hélas, depuis trop d'années, c'est la guerre, la sale guerre de partout à la fois, la guerre chaude des viets et des musulmans, ne serait-ce pas les mêmes, ceux qui les arment, ceux qui leur disent : « Allez, et tuez tout ce qui bouge devant vous, l'ogre doit être abattu qui vous dévore de l'intérieur. » Depuis la bande à Baader, Domi regarde les petits intrigants brandir la menace de leur arme dont on ne sait jamais si elle est chargée ou non, mais qu'importe, seule compte la menace. Ah ! Ils ont beau jeu, les cornacs que l'on fait semblant de ne pas connaître. Le grand moment d'indignation passé, d'abord avec les Baader et puis avec les Trouillan et autres Organon, avec les Chiites, Sunites et autres Nabuil Sidol, les questions se posent. On les pose aux journalistes dont le métier n'est pas de répondre aux questions, mais de regarder et de dire, simplement, avec des mots de tous les jours, ce qu'ils voient. Mais, une femme d'aujourd'hui, heureuse de vivre, maîtresse d'un militaire vorace pratiquant un métier où l'on s'investit entièrement ne peut pas ne pas se poser les questions. Que faire ? Qu'en faire ? Quand faire ? Comment réagir ? Y a t-il quelque chose à comprendre ?
Domi, deux notes de musique pour celle qui aime effleurer tous les claviers du bout des doigts, et en sort des mélodies rien que pour elle. Domi, Maryann dans la presse, Marianne dans la vie, Domi voudrait que le monde l'aime comme elle aime la vie. Si tout le monde vivait comme Domi, il n'y aurait que le paradis sur terre.
Marianne a aimé Charles quand elle a découvert que les hommes avaient différents âges et divers visages. Marianne connaît le capitaine depuis longtemps, il y a longtemps de temps, mes vingt ans. Marianne est allée en Iran voir les fous de Dieu et Domi est revenue trouvant Jenny, il y a tant de temps nos vingt ans. Tu t'en souviens, à Pâques cette année-là ? - Tu te rappelles, du petit moniteur si rond qu'on l'appelait le « ballon » et Andrée, tu l'as revue ? - Tu t'en souviens, l'escapade à La Baule ? - Dis, tu te rappelles, La Rochelle ? Le noir trou ? Et Domi tolérant Jenny et Jenny tolérant Domi et Charles aimant la sérénité ou la vigueur, aimant de l'une à l'autre, amant de l'une et l'autre. Et puis, voilà Charles qui n'est pas chez Jenny. Et puis voilà Charles qui n'attend pas Domi.
Quand les femmes rendront-elles les hommes heureux ?
Pourquoi partent-ils un jour à la guerre, pourquoi partent-ils un jour à un autre amour ? Domi à la colonie est vêtue d'un sweater collant, ses seins sont hauts et fermes plantés, et leurs pointes que l'on voit se dessiner ont quelque chose de dur, net, précis. Une fois pris, on ne peut en détacher son regard. Elle préfère quand elle n'est pas de service, se promener seule, le matin. L'après-midi, si Jojo est libre alors, elle aime bien qu'il vienne, de temps à autre. Il y a le phare et personne ne nage au-delà.
L'océan est houleux, et du haut de la vague elle aperçoit à sa droite une tache sombre qui danse sur l'eau. L'espace d'une seconde, affolée, elle crut que c'était un aileron de requin, de requin ? sous Oléron ? et du sommet de la vague suivante, regardant mieux, elle décida qu'il s'agissait d'une tête de bébé phoque. En s'approchant, elle pense : « Mais, c'est un homme ? Par une houle pareille, si loin de tout. » Sans songer qu'elle-même s'est dépouillée de ses vêtements à l'orée du bois, a traversé l'estran toute nue et est entrée dans la vague en se fichant pas mal et des éléments et des personnes qui auraient pu la voir. Elle n'eut pas à se demander longtemps qui nageait là. Avec la célérité d'un héros parfait, l'homme piquait sur elle et s'arrêta tout près, ahuri de découvrir une fille très bronzée qui nageait tranquillement, ses longs cheveux flottant derrière elle. Elle ne le voit d'abord qu'au hasard d'une vague, elle constate qu'il n'est pas plus vêtu qu'elle. L'eau découvrait ses petits seins fermes aux bouts durcis par le froid. Ses immenses yeux en amandes éclairaient son visage rond. L'ensemble photographié dans un décor de palmier aurait pu très bien servir à un publiciste pour fruits exotiques, pour boissons gazeuses en club-vacances.
suite plus loin car cela dépasse paraît-il les limites ... ! Diable, on veut me limiter ! _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: Re: La Colo Mer 23 Nov 2005 - 18:21 | |
| en fait hi hi , c'est la suite n'est ce pas ... - Hello ! dit la voix derrière Domi.
Surprise, tout de même, bien qu'elle l'ait entraperçu, elle se retourne comme un poisson effrayé, et, d'un coup de talon, s'enfonce sous l'eau. En un éclair, elle suggère une croupe nue et des jambes longues et musclées. Sûr qu'Esther William n'avait pas pédalé comme ça. Un crawl éblouissant propulse Domi vers la plage. Mais l'homme avait de la ressource, solide nageur ! Elle arriva tout de même à le distancer et à prendre pied la première. Mais dans les dix secondes qui suivirent, il était là. Un magnifique athlète et pas du tout essoufflé par la performance. Elle reste donc debout dans l'eau qui lui couvre encore les épaules. - Retournez-vous. - Pourquoi ? - Je suis toute nue, enfin ! - Ça ne m'a pas échappé, et vous avez un corps splendide, alors, pourquoi vouloir me le cacher ? - Il faut me comprendre, je ne porte pas de maillot parce que je n'aime pas cela, je ne me sens pas libre pour nager, mais mes parents m'en voudraient beaucoup s'ils le savaient. A vingt ans, on ne peut pas se trouver nue devant un inconnu. - Et à quel âge, selon vous ? L'océan léchait les corps des parleurs et caressait la naissance de sa jeune poitrine. A travers l'eau, on devinait les pointes rouges de ses seins. - Bon, d'accord, mais dès que vous serez vêtue, nous pourrons nous parler, non ? Domi dit que oui oui, que ses habits étaient là près de la sorte de souche, qu'il devait s'éloigner un peu sur la gauche. Quand ils atteignirent le haut de la plage, ils étaient à plus de deux cents mètres l'un de l'autre. Elle courut sur le sable et disparut derrière la dune. Un bien joli spectacle. Bronzée et belle, presque élancée, sa silhouette révélait d'agréables rondeurs. Elle devint petite déesse dorée au sourire tremblant lorsque, pas encore séchée, pas encore vêtue, elle le vit arriver avec un grand sourire, fauve en marche vers sa proie.
- Mais, mais vous... Mais vous êtes tout nu ? - Oui, et vous.
- Oh ! fit-elle agacée en se faisant un rempart de son essuie. - Mes vêtements sont dans ma voiture, je serai ravi de vous revoir, voulez-vous? Je vous invite, disons, ce soir à dîner. - Merci pour votre invitation, j'en suis fort flattée, Monsieur, se voit répondre Domi, à peine estomaquée de cette mondaine conversation en tenue d'Adam et Ève... avant le péché, il est vrai. Et elle pense qu'elle croquerait bien la pomme. Il est beau, se dit-elle. - Je ne suis pas en vacances, Monsieur, je travaille ici tout près et je suis de service ce soir et cette nuit. - Qu'à cela ne tienne, alors, demain ? - Demain, je serai partie, je rentre à Paris. - Comment ? - Par le train. - Venez en voiture avec moi, nous y serons plus vite. - Je n'en crois rien, à voir votre sourire d'ogre, je suis monitrice d'enfants et je les ramène à Paris, voyez-vous. Notre aventure s'arrête là. Et Domi se retourna, laissant voir une désirable paire de fesses, un dos parfait. Elle enfila le pull-over, à même sa chair, et un jeans. Et l'aventure ne se termina pas.
Au bout du quai, à la sortie, à Paris, Charles souriait comme l'ogre du petit poucet. C'était en ... en... la chronologie a-t-elle de l'importance, qui donc a dit qu'il n'y avait qu'une seule chose dont nous soyons parfaitement sûrs : mourir.
Ce fut un soir parfaitement honnête. Et Domi était heureuse. Heureuse d'être vierge et de savoir qu'un prochain jour l'ogre la mangerait.
C'est un prochain jour, Domi habite une chambre de bonne à Paris. C'est le matin, devant le miroir gai. Domi est gaie. Domi rit. Domi enlève le déshabillé, se glisse dans le slip dont la soie pâle laisse deviner la chair, puis dans le soutien-gorge elle installe deux pigeons tendres. La bride serrée, elle pelotonne celui de droite, ensuite elle glisse la main pour loger celui de gauche; ils sont en place ravissants. Si j'étais un homme je me mangerais songe-t-elle. Et ses paumes s'attardent heureuses, en une caresse languide. C'est un autre jour, Domi rêve de Charles, parti au loin. Il est marin, mais ne navigue pas vraiment. Elle ne sait pas bien ce qu'il fait. Aujourd'hui, il est là, demain, il n'est pas là. Quelques fois quand il est là, il n'est même plus là. Domi n'est pas seule dans la vie de Charles mais Charles est dans la vie de Domi. Domi aime Charles comme un gros Nounours que l'on bouchonne avant de s'endormir. Charles c'est rassurant quand on s'appelle Domi. Charles regarde les serveurs de restaurant qui baissent les yeux, Charles paye avec plus de morgue que d'argent à la caisse du magasin et les caissières baissent les yeux, Charles donne les adresses sans se répéter aux chauffeurs et les taximen regardent devant eux. Charles porte la tête haute et Domi apprend à n'avoir peur de personne. Ce sont les années qui passent. Domi est en compagnie. Une autre femme en déshabillé un peu ouvert la regarde, elle parle Dior et Ricci, Anouilh et Rainier et le dernier de Laurent et le film de Vadim et la chanson de Lama. Domi est dans la vie de Charles. Charles est peintre. Jenny est dans la vie de Charles. Charles est peintre. Domi et Jenny sont dans la vie de Charles. Charles est peintre. Domi sort de l'atelier et Jenny sort de l'atelier... Charles est officier en mission. Domi est moins dans la vie de Charles. Jenny est moins dans la vie de Charles. Qui est dans la vie de Charles?
Cette année-là, le temps avait été très beau et plus qu'à l'habitude Domi avait excité les hommes. Elle ne le faisait pas exprès. Simplement, elle était comme ça, avec ses fesses et ses seins, avec ses jambes et ses hanches, avec ses yeux qui chaviraient les cœurs. Elle était sage, Domi et cependant elle avait décidé : - Sur l'autel de mes vingt ans, je sacrifie ma virginité. Il y avait un moniteur qu'elle connaissait depuis qu'elle venait là. Il s'appelait Jojo, enfin, Georges ! Il paraît qu'il est mort. Jojo était pas mal et pourquoi pas lui ? Avec Jojo, elle avait joué au vieux jeu de la séduction. Elle s'était même, sous couvert honnête de bronzer intégralement, montrée nue. Domi n'était pas de celles qui accordent des faveurs. Et les jours passaient. Les enfants étaient assez sages cette année-là. On avait pu faire de belles promenades, on était allé au zoo, on avait même pris le bac à Royan, il y avait eu un mémorable quatorze juillet pendant lequel Jojo avait fait d'elle de très belles photos. Avec sa belle robe verte, avec son nouveau maillot couleur chair (qui faisait loucher l'économe) et même une photo très osée qu'il avait gardée, le bandit ! pensa-t-elle avec un sourire empli de nostalgie.
Domi n'avait jamais été à Georges. La journée s'était déroulée comme à l'accoutumée. Très bientôt un premier groupe d'enfants seraient ramenés vers trois centres. Marianne accompagnait ceux de Paris. Ce soir-là, bien qu'elle ne soit pas de service, elle était restée aux Cèdres et avait flirté avec Georges. Georges était très amoureux. Dans la journée il avait regardé Marianne, belle, en maillot sur la plage, il avait joué avec les enfants et elle. A un moment, on jouait à un jeu où l'on est à califourchon sur les épaules d'un partenaire. La chaleur de l'entrejambes de Domi avait rendu Jojo un peu dingo. La chaleur de la nuque de l'homme avait troublé Marianne. Pour le souper, elle avait revêtu une sorte de paréo qui faisait à la fois club vacances, vêtement de soirée et lingerie intime. En tous cas, parfaitement pratique puisque Jojo n'avait eu qu'à défaire un petit nœud de rien du tout pour que Domi, chaude comme une mangue bien mûre s'étale, nue, sur son lit, au milieu de ses cheveux. Jojo regarde les seins de Domi, parfaits, admirables, des seins de statue grecque, des seins de sportive saine, aujourd'hui bronzés presque intégralement.
Domi s'étire, chatte douceureuse, ses seins saillent plus en avant. Elle connaît maintenant très bien le pouvoir de ces deux globes, hémisphères de beauté. Domi pense à l'homme de ce matin, nu sur la plage, avec elle, curieusement courtois. La porte de la chambre de Marianne, personne ne l'a vraiment fermée. Lorsqu'ils sont rentrés bras-dessus bras-dessous d'un tour d'après souper, Marianne a entendu marcher quelqu'un derrière eux et puis aussi grimper l'escalier. Elle a pensé qu'un enfant s'était promené plus tard qu'autorisé, simplement. Maintenant Domi est couchée sur le dos. Les mains de l'homme ont parcouru son corps, elles se sont faites douces, amusantes, poignantes, persévérantes. Voici qu'elles tournent sur les cuisses et chahutent le friselis de poils du bas-ventre. Tout doucement, la porte s'entr'ouvre. C'est le vent peut-être. Les yeux mi-clos, Marianne chantonne, c'est agréable de se faire câliner. Et elle pense que les enfants d'ici ne sont guère choyés. A travers les yeux mi-fermés, elle voit très bien ceux qui seront de beaux garçons, celles qui deviendront belles filles. Ceux-là peut-être auront une petite chance. Il y en a qui sont amusants. Comme Claire et son petit ami. Elle sait bien qu'il est amoureux fou d'elle. Elle sait bien, que surpris l'autre jour il a dit : - Non, rien, je passais. Mais après, il manquait un slip dans son armoire. Et puis, il y a eu une breloque porte-clés et aussi une photo qui ont disparu. Bien sûr c'est lui. Il est très amoureux. C'est déjà un petit homme. Dans les bras de Georges, Marianne devient petite fille, tiens, tiens, précisément comme Claire le deviendrait, mais Domi n'attend de Jojo qu'un moment d'amour passager, tandis que Claire et son ami attendent des grandes personnes qu'elles leur donnent tout ce qu'elles peuvent donner. A la plage, il me regarde tout le temps.
Et il m'épie maintenant, partout, et il se met à plat ventre quand je le regarde. Il est gêné de son corps qui naît. Oui, c'est vrai, depuis l'aventure goudronnée, il m'épie. La porte de la chambre est entrouverte. Je suis sûre qu'il regarde. Pauvre gosse. Les mains de Georges trouvent leur chemin et savent bien ce qui est bon pour elle, comme elle devrait savoir ce qui est bon pour ces enfants qui l'adorent et pour lui qui, qui... qui fait ce que les hommes font quand ils pensent aux femmes. La main forte et solide et pourtant douce rampe sur le ventre de Marianne, elle touche maintenant fermement le pubis. Lui, il sait ce qu'il fait. Marianne, d'instinct écarte les genoux. L'homme est très près d'elle, tout contre. Elle sent sur sa cuisse le sexe dur, énorme dont la tête gonflée - quand s'est-il débarrassé de son pantalon ? laisse sur sa peau comme une traînée de chaleur et paradoxalement c'est au garçon qu'elle pense. Elle le devine là, derrière la porte en train de les observer. Elle devine que son sexe est un sexe d'homme, dur, débordant de vie. Elle le voit, elle sent, de la main elle empoigne la hampe de Georges, la serre, la secoue, il geint, elle gémit. A son gémissement répond un gémissement dans le couloir et comme des bruits de pas feutrés mais précipités. - Qu'est-ce que c'est, dit Georges. - Ce n'est rien, viens... Mais l'homme, un instant perturbé a perdu un peu de vigueur et lorsque dans la minute qui suit, il approche en vainqueur d'un endroit qui se donne, un cri retentit, le hurlement d'une fillette de la chambre 24. Domi a regardé Georges s'en aller précipitamment, se rajustant en maugréant. Quand elle sera à la porte du couloir, elle verra par terre, et contre la porte une traînée gluante. Elle ira, Domi, jusqu'à la chambre 24, assurer son pouvoir, sur lui, d'abord qui vient de faire une bêtise sans doute, sur Abdel ensuite, qu'elle sait dominer du regard, sur Georges pour finir qui, le pauvre termine mal sa soirée. Domi ne voudra plus de lui et demain elle rencontrera Charles. Les enfants ont grandi, ce soir, ils font peur, demain ce seront des inconnus. Depuis quelques jours, Domi a l'impression d'être suivie. C'est plus qu'une impression. Domi est fofolle, Domi est rêveuse, Domi est une excitée... disent-ils... mais Domi dure et froide, réaliste et exigente existe aussi, modelée par quinze ans de fréquentation d'un homme comme elle n'en a rencontré plus jamais aucun. Domi a appris la vie par Charles. Domi sent. Domi sait. Il y a quelqu'un derrière elle. Dans la rue, elle se retourne. Elle prend le métro, laissant sa voiture à l'arrêt. Elle traverse les grands magasins, tourne brusquement dans des impasses, s'attable sans raison au restaurant, se lève et court vers une sortie. Il n'y a jamais personne. Rien ne bouge. Pourtant, Domi sent, Domi sait. Il y a quelqu'un derrière elle. Qui est là ? Que lui veut-on ? Il n'y a pas de réponse aux mille suiveurs possibles de Domi, aux cents suiveurs possibles de Maryann, à quelques loufdingues qui aimeraient suivre Marianne. Elle se sent prise, cependant, oppressée. Il y a quelqu'un. Elle ne rêve pas, elle n'affabule pas. Il y a quelqu'un. De qui devient-elle otage ? C'est très à la mode, les otages dans certaines parties du monde. Elle connaît tant, pour avoir maintes fois tenté de les comprendre, les motivations brutales, simplistes, sans avenir de ceux qui kidnappent. Un pays entier, à propos duquel elle vient de faire un bel article est cible et otage de n'importe quelle milice démentielle. Comme le Liban va payer de sa vie même la faute d'avoir été le pays du Moyen-Orient le plus agréable à vivre, va-t-elle payer dix ans, quinze ans, vingt ans d'avoir ri à pleines dents, mangé, bu, et ri encore, marché en soulevant les hanches, pensé à la vie, la vie, la vie. Domi frissonne.
Domi sait le chantage à l'horreur, elle a connaissance parfaite des mécanismes psychologiques de foule, tant européennes qu'arabe ..., arabes? quels Arabes, Druzes brimés, Kurdes écrasés, Arméniens massacrés, écœurés du sang de Chatillah, les Palestiniens s'en sont allés demander grâce ailleurs, chefs religieux, chefs féodaux, chef de milice, qui n'est pas chef ? partout le combat des chefs, des petits chefs. Domi a peur, elle a envie de courir vers Charles. Domi sourit qui pense à Gosciny qui faisait se lancer des ballots de paille par les chefs... les chefs ! Dans le monde de Charles, il n'y a pas de place pour les chefs. Dans le monde de Charles, il n'y a que des hommes, mais si durs ? Et si cette dureté était le chemin, la voie, l'avenir. Si ce n'était seulement que non-obédience, non-lâcheté, volonté de vivre, vivre, vivre! Marianne veut vivre. Maryann n'existe pas, il y a Domi. Domi. Domi, bouchon à bêtises veut aussi manger des Craven A, boire des liqueurs fortes et s'endormir dans des bras qui serrent, qui serrent, qui protègent, qui enferment.
Zut pour les accords secrets entre la Lybie et l'OLP, zut pour le transit sans inquiétude d'Allemands de l'Est en Egypte, zut pour les théories nazies adaptées, zut pour le patron de mon journal.
Demain, il n'y a plus de Maryann, demain il n'y a plus que Domi, Domi les boucles, Domi les yeux, Domi les joues et les lèvres, Domi musique, Domi danse, Domi légère, légère, légère.
Houp-là! Pas trop légère, la Bx tangue, la suspension s'écrase.
Je ne l'avais pas vu celui-là ! C'est pas parce qu'il vient de droite qu'il doit se croire tout permis. Va donc hé patate !
(à suivre) _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | Renan Azurément Vôtre

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 714 Localisation : Ile de France
 | Sujet: Re: La Colo Mar 29 Nov 2005 - 18:50 | |
| Bonjour Xian, Voici mon petit « rapport de lecture » de ce texte. Je t’avoue que je n’ai pas pris le temps de voir comment il s’intègre à l’ensemble du récit « la colo ». Je vais donc me contenter ici de commenter les pages postées sur ce fil-ci. J’ai d’abord été agréablement « porté » par le style en phrases courtes, jouant sur le surnom musical de Domi et dépeignant le personnage par « petites touches » impressionnistes. Et puis, à partir de la rencontre entre Domi et Charles du côté d’Oléron (« L’océan est houleux, etc. »), j’ai été désarçonné par les changements du temps verbal employé : tantôt le présent, qui collait jusque là si bien au style, tantôt au passé simple, alors que c’est la même scène qui est décrite : L'océan est houleux, et du haut de la vague elle aperçoit à sa droite une tache sombre qui danse sur l'eau. L'espace d'une seconde, affolée, elle crut que c'était un aileron de requin, de requin ? Et ça continue ensuite à « hésiter » entre les deux temps, ce qui pollue la lecture, même la compréhension du texte. Et puis tu insistes ensuite sur le corps de Domi (à commencer par ses seins). Si l’effet érotique est réussi les premières fois, cela devient ensuite un peu trop un leitmotiv, qui a fini par m’agacer. Au bout de quelques paragraphes, j’ai carrément décroché, essentiellement à cause des deux points que je viens de te signaler. Bien sûr, ce n’est que l’avis d’un lecteur parmi d’autres, mais j’espère qu’il te servira et je suppose que comme moi, tu préfères des critiques (constructives) que le silence des hôtes de ces lieux.
Au plaisir de te lire et d’être lu par toi,
Renan _________________ Vive l'électron libre (T. Edison) |
|  | | LuluBerlue
Inscrit le : 04 Jan 2005 Messages : 5251
 | Sujet: Re: La Colo Mar 29 Nov 2005 - 19:14 | |
| | Renan a écrit: | L'océan est houleux, et du haut de la vague elle aperçoit à sa droite une tache sombre qui danse sur l'eau. L'espace d'une seconde, affolée, elle crut que c'était un aileron de requin, de requin ?
Renan |
Et si l'utilisation du passé simple était un choix réfléchi par rapport au récit ? Cela ne me choque pas et convient si l'on pense ainsi :
Le présent ne se prête pas à cette pensée rapide aussitôt abandonnée. Par contre le passé simple lui convient parfaitement. Elle a eu lieu rapidement puis est immédiatement terminée.
Au présent : l'espace d'une seconde, affolée elle croit que c'est...
L'action s'en trouve alourdie dans le temps, perd de sa rapidité...
Enfin c'est mon raisonnement. |
|  | | Renan Azurément Vôtre

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 714 Localisation : Ile de France
 | Sujet: Re: La Colo Mar 29 Nov 2005 - 22:57 | |
| | LuluBerlue a écrit: | Et si l'utilisation du passé simple était un choix réfléchi par rapport au récit ? Cela ne me choque pas et convient si l'on pense ainsi :
Le présent ne se prête pas à cette pensée rapide aussitôt abandonnée. Par contre le passé simple lui convient parfaitement. Elle a eu lieu rapidement puis est immédiatement terminée.
Au présent : l'espace d'une seconde, affolée elle croit que c'est...
L'action s'en trouve alourdie dans le temps, perd de sa rapidité...
Enfin c'est mon raisonnement. |
Oui, je saisis, Lulu. Mais il y a tout un passage comme ça et je ne suis pas certain que cette interprétation "marche" à tous les coups, autre exemple :
[...] l'homme piquait sur elle et s'arrêta tout près, ahuri de découvrir une fille très bronzée qui nageait tranquillement, ses longs cheveux flottant derrière elle. Elle ne le voit d'abord qu'au hasard d'une vague, elle constate qu'il n'est pas plus vêtu qu'elle. L'eau découvrait ses petits seins fermes aux bouts durcis par le froid. Ses immenses yeux en amandes éclairaient son visage rond.
Moi, ça m'a gêné (je suis peut-être un tantinet trop conventionnel)
Enfin, ce sera à xian de nous en parler...
Renan _________________ Vive l'électron libre (T. Edison) |
|  | | LuluBerlue
Inscrit le : 04 Jan 2005 Messages : 5251
 | Sujet: Re: La Colo Mer 30 Nov 2005 - 1:00 | |
| concordance des temps et liaisons oui.
Mais est- il possible d'écrire :
l'homme piquait sur elle et s'arrétait tout près...
ça colle pas et ce n'est pas une question d'académisme.
Xiannnnnnn ????? |
|  | | Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: Re: La Colo Mer 30 Nov 2005 - 5:42 | |
| Diables de lecteurs... le langage de Xian et surtout la grammaire et le vocabulaire sont parfois difficiles à saisir pour les puristes, voire pour les autres...
Je remercie Renan pour ses remarques judicieuses et Lulu pour sa vigoureuse tentative de compréhension "malgré tout".
Pour mieux cerner ces effets, voir s'il s'agit de "gestes volontaires" ou comprendre les erreurs et dérapages, il faut savoir que j'écris le même jour pour plusieurs types de lecteurtrices des "choses" de genres tellement éloignés les uns des autres que les sujets se polluent parfois mutuellement et que l'application grammaticale reste imparfaite. Ainsi, pour l'instant se feuilletonnent Henri (le retour), se construit un récit d'espionnage à la manière de Bruno Bax et d'Ernie Clerck mélangés (sans que cela soit une parodie), se publie chaque jour un mot "politique" et s'impriment des articles variés concernant les arts martiaux tandis qu'un Ketje Henri se bruxellise et qu'un Henri Sim tente une enquête liégeoise.
Le beau grand livre prévu pour Goncourt et autre Nobel est sans cesse reporté aux calendes grecques... quant à la grammaire et au vocabulaire je suis bien obligé de m'y parfaire en répondant aux mille questions de ma fille de quinze ans qui fait "des études" - et là, point de tromperies ou de divergences, son prof ne laisse rien passer ! _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: Re: La Colo Mer 30 Nov 2005 - 5:45 | |
| | Citation: | Moi, ça m'a gêné (je suis peut-être un tantinet trop conventionnel)
|
bah ! tout le monde ne nage pas tout nu... faut pas être gêné, mon grand, il y a pire comme situation ...
le chapitre suivant de la Colo sera disponible dans la matinée chez http://www.20six.fr/henrilauteur _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | LuluBerlue
Inscrit le : 04 Jan 2005 Messages : 5251
 | Sujet: Re: La Colo Mer 30 Nov 2005 - 12:48 | |
| | Xian a écrit: | Le beau grand livre prévu pour Goncourt et autre Nobel est sans cesse reporté aux calendes grecques... ! |
Tu as tort Xian il paraît que le Goncourt (quelle qu'en soit la qualité) nourrit grassement son auteur pour les dix prochaines de sa vie voire jusqu'à la fin s'il est de qualité justement.
Oui je sais l'argent ne fait pas le bonheur, mais...
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|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51366 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: La Colo Mer 30 Nov 2005 - 13:48 | |
| J'ai tellement l'habitude de lire Xian, que le décalage des temps ressenti au début y'a bien longtemps, je ne le ressens plus maintenant. Marrant, même, ce phénomène !! _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: Re: La Colo Jeu 1 Déc 2005 - 11:18 | |
| plak platch ce sont deux gros bisous....
mais cela me chagrine (nne) un peu que tu ne ressentes plus rien... Il faut que je fasse quelque chose.
Mais alors, à l'insu d'Ernest qui, sinon, voudra encore m'idéaliser.... _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: Re: La Colo Mer 7 Déc 2005 - 9:51 | |
| l'avant dernier chapitre sera sur 20 six ...cette semaine... ceux qui voudraient lire "en continu" le texte complet peuvent le demander gentiment à Xian ( envoi en Word )
... extrait sordide : Le rasoir s'approche de la gorge d'Anouar. Tu n'iras rien rapporter aux flics, coco, dit le plus grand. En refermant la lame sur le manche, il porte ses pas vers une cabine. - Allo, Mémène accompli je vais me... Au bout du fil, l'interlocuteur entend une détonation. - Bonsoir, dit une voix, pas de chance votre gars. Il ne pourra plus couper son lard. Je lui ai confisqué son outil. Je ne sais pas encore qui vous êtes. Mais ça ne tardera pas. Le cornet est reposé brutalement. _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51366 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: La Colo Mer 7 Déc 2005 - 13:29 | |
| | Xian a écrit: | | mais cela me chagrine (nne) un peu que tu ne ressentes plus rien... |
J'ai pas dit que je ne ressentais plus rien, j'ai dit que je m'étais habituée aux changements brusques de temps. C'est pas pareil  _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4414 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
 | Sujet: Re: La Colo Mer 7 Déc 2005 - 15:23 | |
| les rhumatismes, c'est cela _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 51366 Localisation : Kilomètre zéro
 | Sujet: Re: La Colo Mer 7 Déc 2005 - 20:03 | |
| Les rhumatisme, c'est pire ! Ils te rappellent les changements de temps !  _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
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