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Colo - dernier chapitre

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Xian




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Localisation : Etoile bleue dans l'univers

MessageSujet: Colo - dernier chapitre   Mer 14 Déc 2005 - 9:50

Chapitre dix-huitième
CATHERINE
La pluie s'était arrêtée. Le fond de Paris restait gris. En dix jours, l'hiver ne s'était pas vraiment installé. On ne savait trop comment se vêtir. La dernière explosion avait fait beaucoup de morts et pas un enquêteur n'avait vraiment trouvé le pourquoi, le comment.
On n'entendait plus que l'égouttement des feuilles et l'eau qui achevait de s'écouler des corniches dans les gouttières. Ces bâtiments modernes transmettent des bruits d'une manière anormale. On n'entend pas l'infirmière qui s'approche mais bien l'eau au dehors. Le vent poussait les nuages au fond du ciel. Et de nouveau d'autres nuages s'accumulaient. Y aurait-il de l'orage ? En hiver c'est rare, à Paris. Non, sans doute pas d'orage. L'orage est venu très tôt ce matin alors qu'on attendait plutôt le gel.

L'orage est fini. Demain ce serait un autre jour; demain le soleil illuminerait la terre. Sûrement. Soudain, dans le silence invraisemblable de ce coin du monde, un étrange petit bruit se fit entendre. C'était un homme qui pleurait.
Les policiers et les militaires ont quitté la chambre 114. On transportera le corps à la morgue après l'avoir découpé en morceaux et recousu. On saura tout ce qu'on savait déjà et tout ce qui n'intéresse personne, son taux de cholestérol, l'état de la bile de son foie, le résultat nutritif des baxters, si son cœur n'était pas sclérosé et si ses cheveux étaient sains.

On ne saura jamais comment il s'appelait. Il existe donc des gens qui sont personne.

Je m'appelle Richard, de Londres. Je m'appelle H'enTsien de Canton, disait-on, pour se présenter, au xv' siècle. C'était tout simple. Pourquoi diable n'auriez-vous pas été Richard ou H'en Tsien ? Aujourd'hui c'est plus simple encore. Vous avez une carte d'identité, il ne faut plus parler, ça ne compte plus, on ne vous croira pas. Seul le papier compte. Et si vous n'avez pas de papier? C'est toujours très simple, vous êtes un simple cadavre à l'institut médico-légal, vous êtes personne. C'est déjà mieux que rien, c'est même homérique.

J'ai versé des arrhes et la voiture est prête.
Les bagages sont dans le coffre. J'attends Charles qui va descendre d'un moment à l'autre.
L'atelier est vendu et l'acheteur a tout pris, les murs, le matériel et les tableaux qui restaient. C'est un Hollandais qui mesure des mètres et des mètres. Il ne pourrait pas s'asseoir dans la Fiat Xl-9 sans la décapoter, c'est sûr. Nous partons vers l'Italie dans cinq minutes. Nous ne savons pas encore ce que nous ferons là-bas. Cela dépendra du temps qu'il fait. Si l'hiver arrive en force, nous prendrons l'avion à Fiumicino pour le Sénégal ou Ceylan, pour Nouméa ou la plage des Cariocas.

La première fois que j'ai rencontré Charles, je ne m'attendais pas à le trouver comme je l'ai vu. On m'avait dit : « Il est devenu peintre, mais dites-lui seulement - Réseau Promontoire et il vous écoutera. J'avais regardé le colonel d'un air sceptique et m'en allai vers ce peintre qui, paraît-il était l'un de nos meilleurs agents de renseignements.
Quand une femme entre dans un atelier de peintre, elle n'est évidemment pas surprise d'y voir un homme nu. L'anatomie est une grande passion des dessinateurs. Sur une estrade, avec un voile bizarre, un homme nu, devant le chevalet à cinq pas, pinceau à la main, comparant un trait et une perspective, le peintre. Une femme. Nue.

Je n'ai pas connu la débâcle de 1940, pas non plus vécu les angoisses consécutives à la prise de Dien Bien Phu, le retour forcé de Suez, la déroute coloniale. J'ai vingt-six ans, je suis Lieutenant dans un corps d'armée particulier de mon pays. Et j'aime ça.
C'est une curieuse profession de foi pour une femme.
C'est même une curieuse profession, tout court.
J'ai été assez stupéfaite de la scène. D'habitude, chez le peintre, l'un des deux participants est peut-être nu, mais tous les deux ?
- Je vous prie de m'excuser, m'entendis-je dire.
Je cherche le capitaine Vigor, on m'a dit que je le trouverais ici.
- Vous ne pouviez mieux arriver, ma chère, je suis tout ouïe ...et le capitaine Vigor pour vous servir.
Et cet homme nu, vigoureux, de belle taille de s'avancer vers moi avec un grand sourire.
Et j'ai rougi jusqu'à la racine des cheveux et j'ai senti cette rougeur envahir mon corps tout entier.
- Oh ! dit-il, c'est charmant.
Et j'ai aimé ça. Curieuse profession de foi pour un lieutenant de l'armée.
C'est tout de même moi qui marquai le second point.
- Que puis-je pour vous, chère enfant, me dit-il.
- Je suis enchantée de faire votre connaissance, mon capitaine, je suis Catherine Mercier, Lieutenant Catherine Mercier, détachée provisoirement au service action.

Je le vis ouvrir des yeux ronds, lui, qui ne devait pas être souvent étonné. J'avais marqué un avantage, sinon un point. Il était clair que dans son esprit, un officier détaché au service action ne pouvait être qu'une sorte de rugbyman avec une grosse tête, des mains énormes et un petit canon sous l'aisselle. Le lieutenant qu'il avait devant lui était une charmante jeune femme dont les boucles châtains encadraient un visage charmant aux grands yeux marrons, vifs.
Je lui souris largement et dis :
- Le colonel avait pensé que vous pourriez nous aider vraiment, je croyais qu'il vous avait téléphoné en ce sens. Je nesuis guère habituée à parler longtemps aux hommes nus, veuillez vous rhabiller et me faire savoir si je suis chez un officier de l'armée française ou dans une sorte de bordel de campagne, et, qui est le peintre ici? dis-je en tournant visiblement les yeux vers les cimaises couvertes de nus.

Pour faire de l'effet, j'avais produit de l'effet !
Ce capitaine, nu ou non, ne devait pas être habitué à s'entendre parler sur ce ton.
- Vous êtes parfaitement insolente. Et comme le règlement ne me permet pas de vous faire faire des corvées - on a supprimé ce genre de punitions, comme mon éducation ne me permet pas de vous faire des remarques déplaisantes, jeune dame, dit-il, je vais donc vous considérer comme une sale gamine et vous traiter comme vous le méritez.

Et d'être saisie à bras-le-corps, transportée jusqu'à un sofa, dans un coin, sous l'œil bovin de la fille nue. Poussée, troussée, étalée et maintenue, me voici jupe relevée, fesses blanches et joufflues découvertes. Sa main s'est déjà abattue avant que j'aie pu faire un geste. Sur la chair tendre, elle laisse une trace rouge.
- Oh ! me suis-je écriée, bien plus suffoquée par l'audace de cet homme, toujours nu plus que par la douleur. La main frappe à nouveau mais je me contorsionne avec rapidité et vigueur.
J'échappe à la prise, saisit au vol le poignet de l'homme et engage une clé de bras avec retournement.
- C'est qu'elle joue les petites vicieuses, s'exclame le peintre.
Il a enroulé la prise technique et transformé mon mouvement de défense en une torsion imparable. Me voici, debout, toute chiffonnée, serrée contre lui. Ma blouse s'est ouverte, la jupe est toujours remontée sur les hanches. Une main vigoureuse me bloquait le poignet, l'autre appliquée sur mon ventre serrait mes fesses sur le ventre de l'homme.
Je me suis mise à remuer.
- Sale garce dit-il, et son attitude changea soudain.

- Si vous pensez que je suis de trop, dit une voix près de nous, dites-le moi. Ne vous gênez plus !
- Les cintres sont dans le fond, ma chère. Remettez votre culotte, il paraît qu'il y a assez de nus comme cela.
Vexée, la fille s'en alla vers le fond de l'atelier.
- Veuillez m'excuser, ma chère, je suis vraiment une brute; je vous offre un doigt de porto ?
Les bras m'en sont tombés. J'ai dit, je crois, « Pourquoi pas » et je l'ai vu s'en aller, ouvrir une porte, la refermer. La fille est sortie, les lèvres pincées. Le capitaine Vigor est revenu, pantalon bleu marine, pli impeccable, chemise blanche, cravate noire au nœud parfait, bouteille de porto et deux verres à la main.
- Alors, à part le pugilat, dont nous ne parlerons plus, qu'est ce qui vous amène ?
J'ai expliqué au capitaine Vigor les détails que m'avait communiqués le colonel Henri.


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Xian




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MessageSujet: Re: Colo - dernier chapitre   Mer 14 Déc 2005 - 9:50

suite
Il a téléphoné, devant moi au colonel, l'appelant « cher vieux cochon », lui demandant pourquoi on envoyait des gamines insolentes aux anciens, qu'est-ce qu'on devait faire pour croire qu'elle avait un vrai grade et est-ce que ça pouvait servir.
La moutarde m'est vraiment montée au nez et en deux temps trois mouvements, je lui mis le revolver de service sous la moustache, lui disant : « Ça peut tout à fait servir et s'en servir, goujat ».
Et je me suis retrouvée allongée sur le tapis, le revolver était dans sa main.
- Ne recommencez jamais petite fille, vous êtes adorable et si vous aviez un trou dans la tête, le vent s'y engouffrerait mais vous n'auriez plus l'occasion d'avoir de bonnes idées.

Nous sommes partis en mission. C'est franchement inutile que vous sachiez où, ils disent que c'est un secret d'état. D'Artagnan et les trois mousquetaires étaient aussi des secrets d'état. Le jour où il n'y aura plus de secrets d'état, ni de secrets, ni d'état, sans doute tout ira-t-il mieux. Et comme toutes les grandes aventures secrètes, lorsque le gouvernement de cet état aura changé, je pourrai tout vous dire. Il faut que vous sachiez qu'à la fin, j'ai été blessée.
Entre le capitaine et moi, tout allait bien. Nous étions deux équipiers. J'étais un peu exaspérée parce qu'il se conduisait avec moi comme s'il avait été mon grand-père, qui plus plus est gardien de ma vertu. Mais, la mission avant tout.

Un soir, il avait changé mon pansement. Je ne pouvais pas le faire facilement moi-même, blessée sur le flanc arrière. Un coup de couteau passé trop près. J'avais éparpillé le contenu de mon grand sac en cuir et je me livrais à une occupation essentielle et des plus absorbantes : le maquillage. J'avais oublié qu'il était un homme. C'était le capitaine, c'était mon équipier, j'ai senti puis vu son regard. J'étais en tenue plutôt improvisée et plutôt sommaire : une chemise d'homme et un slip en nylon bleu mousse. Je me vis dans le miroir, les pans de la chemise laissaient voir ou dissimulaient imparfaitement des cuisses bien jolies et des genoux graciles.
Un homme voyait, le capitaine regardait. En fait, le capitaine était un homme et pour la seconde fois, je me suis sentie devenir rouge comme une pivoine, le visage et puis tout le corps.
- C'est charmant, je vous l'ai déjà dit, a-t-il fait.
Et j'ai donc rougi plus encore, si c'est possible. Mais, ça doit l'être, car j'y crois.

Un peu plus bas que Raguse, nous avons rangé la voiture sur le bas-côté de la route. Nous avons dévalé le sentier qui mène à une petite crique rocheuse. Sous la robe de coton, je portais un bikini. Nous avons piqué des sprints comme des gosses. Nous nous sommes mis nus.
Le rocher, ça rape le dos.


Nous avons pris le petit déjeuner sur le balcon. Je m'étais placée un peu en retrait par rapport à la porte, cela n'empêche que le serveur m'a vue, nue.
J'étais vêtue d'un Jeans et d'une chemise à carreaux. Les seins libres, je courais dans les rues et les magasins, devant lui.
Il y avait du soleil à Athènes.
La voiture est restée à l'aéroport et l'avion nous a emporté.

A Nairobi, nous avons loué une Land-Rover et un chauffeur. Il rit tout le temps. Moi aussi. Et il est très content du patéron comme il dit dans un franglais impeccable. Le patéron, one day bifor, il a sorti son colt terrible vite full speed caw-boy. La morgue, le revolver et une connaissance approfondie de l'Mrique, brousse et savane, nous n'aurons pas d'ennuis. Babé nous pilote partout et dans des villages insoupçonnés. Nous sommes reçus comme roi et reine.

Dans la rivière, je me suis baignée nue. Babé m'a vue. Il n'en peut plus de me regarder. Nous ne pouvons plus rester trop longtemps.
A Johannesbourg, un coup de fil et nous avons vu arriver un très sympathique guide. Grand, plein de taches de rousseurs, il nous a déposés dans un hôtel sur la côte du Natal, il viendra nous reprendre dans quinze jours pour une excursion à l'Addo Elephant puis au Parc Kruger. Après, nous avons eu des autorisations spéciales pour aller à Windhoek où un ami de Charles est en poste. Il nous emmènera dans des régions interdites mais merveilleuses le long du Zambèze, entre autres.

Charles a dessiné un arbre, puis l'entrée d'un village nègre. Nous sommes près de Pointe Noire. Il a changé un peu, les moments de tristesse et de mélancolie n'alternent plus avec la gaîté un peu outrancière. Il y a beaucoup de tendresse en lui.
J'ai remarqué aussi qu'il avait eu l'air jaloux hier soir, au restaurant. J'ai un verre à la main, nous sommes les invités d'un sous-ministre local, je m'enfonce dans le canapé pour faire de la place à Charles. Il s'ennuie. Nous partons.

Un mauvais vent s'est levé. Le ciel a pris une couleur plus vive. La mer est bleue, violette. Il y a de l'écume. Nous croquons des pattes de langouste. Beaucoup de monde sur la plage de Casablanca. Pastels et vivacités, des corps nus coupés de couleurs vives, des brunis plus marrons et des blanchâtres plus rosés.

On est retourné à l'hôtel, il y a moins de monde autour de la piscine.

Au bar, beaucoup de femmes, toutes belles. Djerba rayonne d'une nouvelle saison. Le téléphone nous apprend que les frais de garage de la Fiat, au pays d'Olympe sont ruineux. Il s'en fiche, moi aussi. J'ai appris le Novotel et les Hilton, les cases nègres et les vieux hôtels du temps de l'Afrique coloniale. Je mange des mets que je ne savais pas exister. Le temps n'a plus de poids.
Je bois du citron et du citron vert. Le jus du fruit acide, l'eau, le sucre, le serveur en blouse blanche, mon soutien-gorge dégrafé, une autre mer houleuse n'avait-on pas dit que la Méditerranée était tranquille? Une cigarette anglaise, une rousse qui marche comme un crabe, une femme blonde au maillot rose, un garçon qui fait Hello !

J'ai oublié que j'étais nue. Je suis heureuse. Il ne pense qu'au voyage et à nous. Le garçon d'étage est entré. Il est resté une fraction de seconde sans réaction.
On sert un bouillon safrané puis une sorte de homard avec de la rouille à faire tourner la tête, surtout avec le rouge et après l'ouzzo.
Nous avons récupéré la Fiat.
J'ai mangé des figues à me faire péter. Charles ne veut pas me laisser faire la sieste.

Au Danielli, il n'y a que des snobs... ça tombe bien, pour snober les idiots, Charles est doué. Il m'a acheté une extravagante robe dont on se demande si elle est transparente ou c'est tout le temps illusion. Les hommes se retournent. Charles les fusille.
Demain, nous passons la frontière à Vintimille. Nous allons vers le causse de Gramat. Il a une maison là-bas. On va y aller doucement, par le chemin des écoliers.

- Tu vois, m'a-t-il dit, la France c'est le plus beau pays du monde. La plupart des gens d'ailleurs ne font que passer sans voir vraiment nos paysages et nos gens et les gens qui y habitent s'occupent trop de ce qui ne leur apporte pas le bonheur. Avant de nous battre pour la liberté des autres, sachons conquérir notre liberté intérieure.

Nous sommes descendus à La Pérouse, à Nice, nous avons vu le marché, Cagnes-sur-Mer, la Guerre et la Paix de Picasso, le col des trois termes et le rocher de Saint-Barthélemy, on a ri parce que j'ai demandé si c'était une sorte de Guillaume Tell, d'ailleurs, il paraît même que Guillaume Tell n'a pas existé. Où allons-nous ? Toujours vers Gramat par le chemin des écoliers en vadrouille. On a dormi à Port Grimaud, dans la même chambre qu'Aznavour a dit l'hôtelier, on n'en croit rien mais on a fait des grimaces et chanté des Mama, la Bohème et le vieux peignoir à bigoudis ou quelque chose d'approchant. Des chansons de très lontemps. Mangé au Bestouan à Cassis, dormi au Sofitel à Marseille, visité une vieille salle de judo au quai de Rive-Neuve, acheté des tas de trucs rue Paradis, rue St Féréol et alentours. A deux doigts de Marignane, on a mangé cinq pan bagnat. J'ai été malade. Je suis montée aux orgues à Aigues Morte et j'ai bu trois bouteilles de Listel en une grande soirée. Je suis saoûle.

A Sète, j'ai vu la plage de Georges. Mais j'ai pas vu la canne. Alors Charles a encore ri de moi. Il rit tout le temps, c'est formidable.
Dormi aux Flots Bleus, on a regardé Héliocentre de loin et on s'est mis tout nus rien que pour les embêter. On est remonté sur Cahors, par Castres et Albi.

Il est fatigué par la route. Dans cette vieille maison de pierres, il y a toutes sortes de bruits. Moi qui viens des villes, je n'entends pas bien le silence. Charles s'est étendu. Je suis dans ce qu'il appelle pompeusement la salle de bains.
Il s'était endormi, sûrement dans un demi-songe m'a-t-il entendue rentrer car confusément, il m'a prise dans ses bras et j'ai respiré sa bonne odeur d'homme sain et vigoureux. Il a posé ses mains sur mes seins fermes et il y a eu comme une apothéose en nous. Une tendresse inouïe en plus du plaisir charnel qui nous avait dévorés comme un brasier ardent.
Le soleil se lève sur le causse. II y a des abeilles qui bruissent déjà. On a trait des vaches, là-bas. Un troupeau de moutons est passé par le sentier et après eux, deux cyclistes - des touristes hollandais sans doute, vélos à grand guidon, larges pédales, une fille blonde, presque blanche, un short trop étroit et trop court, la poitrine un peu lourde.

Le bruit de la campagne filtre imperceptiblement à travers les baies, à double vitrage cependant, ouaté et monotone. II fait grand jour. La maison est moins vétuste qu'elle n'en a l'air.
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Xian




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MessageSujet: Re: Colo - dernier chapitre   Mer 14 Déc 2005 - 9:53

suite


Catherine dort, les draps sont repoussés au pied du lit et Charles admire le corps splendide de sa compagne. Nu, doré, merveilleux.
La vie ne s'arrête jamais. Seuls, des gens naissent et meurent. Indéfiniment, le temps coule. L'homme se lève doucement. C'est l'heure de la méditation. II va s'enfermer dans un monde inaccessible pendant quinze minutes. II n'y a jamais eu de Domi.

II n'y a pas de colonels, de présidents américains, de sages, de fous. Il y a le temps qui passe et qui nous conduit au bout du chemin. Des abords, nous sommes les jardiniers.
Pourvu qu'il n'y ait pas de dieux, seulement des hommes pour faire ce beau jardin !



















La décision est d’importance ...
Le poète roumain a eu raison de la versatilité...
L’ensemble des blogs de Xian seront mis en sommeil jusqu’à la publication de la suite de
« Halte au feu »
Cette seconde partie de la trilogie Alfort aura pour titre
« Le refuge du Requin »
Parution prévue mars-avril 2006.

Comme il n’est pas possible d’être aux champs et au moulin, sans compter chez le boulanger et sur la route pour vendre les pains, le présent « blog » - carnet de notes, est suspendu jusqu’aux Pâques prochaines.
Des nouvelles régulières des personnages de Xian, dont particulièrement celles d’Henri seront publiées, (en principe chaque lundi matin).

On trouvera donc ces nouvelles chez : Henri


Et si on veut lire le texte de la colo en entier ... on peut le demander gentiment à Xian



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MessageSujet: Re: Colo - dernier chapitre   Jeu 22 Déc 2005 - 4:43

Je vois que j'ai affaire à un auteur reconnu... Peut-etre un jour... Perso je suis en train de poursuivre un livre sur le métro parisien, dont j'ai publié des extraits là : http://liensutiles.forumactif.com/viewtopic.forum?t=8085, mais je n'ai que 8 pages pour l'instant et j'ai peur d'abandonner encore ce projet à peine entamé ! Seras-tu là pour me soutenir comme tu l'as si gentiment fait sur mon post ?

Cordialement

Gloups
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Xian




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MessageSujet: Re: Colo - dernier chapitre   Jeu 22 Déc 2005 - 19:02

Je déglutis ...

Un peu dépassé par les secondes qui s'écoulent pour l'instant, j'irai te lire dès les premiers jours de l'an neuf et te dirai très sincèrement ce que j'en pense...
à bientôt


et si c'est dans tes hébitudes, joyeux noel... sinon de toute manière, bonne fin de semaine et très bonne fin d'année... Gloupsement et pour touzôtres
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Colo - dernier chapitre

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